Western Union se retire de Cuba et empêche les transferts d’argent

À Cuba, il est désormais impossible d’envoyer de l’argent via Western Union, sauf depuis les États-Unis. Un retrait de la première entreprise mondiale de transfert d’argent qui surprend plus d’un Cubain, alors que l’île traverse une situation économique très compliquée, avec des sanctions américaines toujours plus dures.
Pour Cuba, derrière cette décision il y a la mainmise de Donald Trump qui veut étouffer l’économie cubaine. 6,6 milliards de dollars, voilà ce que représentent les remesas à Cuba, les transferts d’argent de la diaspora vers l’île. 90 % de cet argent est envoyé des États-Unis, et les autres 10 % sont désormais bloqués.
Western Union a effectivement suspendu depuis le 26 février ses services vers Cuba depuis un autre pays que le voisin nord-américain.
Les lourdes conséquences financières pour les Cubains
Le jeune Yasel ne recevra donc plus cette aide précieuse que ses cousines exilées en Espagne et en Italie lui envoyaient jusqu’à présent.
« Bien sûr, c’était indispensable ! C’est nécessaire et ça aide un bon nombre de personnes ici parce qu’avec les salaires qu’on touche, on n’arrive pas à vivre. Même si on ne m’envoyait pas beaucoup c’était déjà d’une grande aide, parce que je n’avais pas à batailler pour toucher cet argent et pouvoir vivre. »
Impossible de lui faire dire combien il recevait et nombreux sont les Cubains qui n’avouent pas au micro recevoir de l’argent de l’extérieur. Pourtant, ils seraient 60 % à être concernés.
Dans une agence de Western Union d’un quartier résidentiel de La Havane, on ne peut désormais recevoir de remesas que des États-Unis. L’opératrice est catégorique : c’est Trump et c’est le peuple qui payera cette décision. Officiellement, l’entreprise se justifie par les « défis que pose l’exploitation de ses services ».
En octobre dernier, l’administration de Donald Trump avait déjà limité à 1 000 dollars par trimestre et par personne l’envoi de mandats d’argent. Western Union avait ouvert ces transferts vers Cuba depuis le monde entier durant la période de dégel historique entre La Havane et Washington.