Washington impose des sanctions au chef de la diplomatie iranienne, …

La Maison Blanche a annoncé mercredi avoir imposé des sanctions à Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, dans le cadre de la campagne de pressions que les États-Unis entendent exercer sur l’Iran.

Les États-Unis ont décidé d’imposer des sanctions au chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, « visage qui répand à l’étranger la propagande et les campagnes de désinformation » du régime, a annoncé mercredi 31 juillet un haut responsable de la Maison Blanche.

Les sanctions prévoient le gel de tous les actifs que Mohammad Javad Zarif possèderait aux États-Unis et interdit toute transaction avec lui, a précisé le Trésor américain dans un communiqué. Washington cherchera aussi à empêcher les voyages du chef de la diplomatie à l’étranger. Il ne sera toutefois pas empêché de participer aux activités de l’ONU à New York.

Selon le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, cette décision de Donald Trump est justifiée par le fait que Mohammad Javad Zarif a aidé à mettre en œuvre « la politique imprudente » du guide religieux de la révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei.

Pas l’interlocuteur prioritaire de Washington

La Maison Blanche estime que le ministre n’est pas l’interlocuteur prioritaire avec lequel elle doit discuter sur la question du contrôle du programme nucléaire iranien, précisent ces responsables américains. La présidence américaine souhaite trouver d’autres interlocuteurs sur ce sujet, au centre des tensions croissantes entre Washington et Téhéran.

Dans un tweet, le ministre iranien des Affaires étrangères a très vite réagi à cette annonce. « La raison pour laquelle les États-Unis s’en prennent à moi est que je suis le principal porte-parole de l’Iran à travers le monde. Cela n’aura aucun effet sur moi et ma famille. Parce que je n’ai aucun bien et intérêt hors de l’Iran. (…) Merci de me considérer comme une telle menace. »

« Cette décision représente un nouvel effort pour priver le régime iranien des ressources destinées au terrorisme et à l’oppression du peuple iranien », a commenté pour sa part le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo.

« Au lieu d’utiliser les précieuses ressources de l’Iran pour investir dans son peuple fier et courageux, le régime facilite et soutient le terrorisme, emprisonne et torture d’innocents Iraniens, attise les conflits internationaux en Syrie et au Yémen et a, ces dernières semaines, étendu son programme nucléaire », a poursuivi le secrétaire d’État américain. « M. Zarif, qui est un haut responsable du régime, dont il fait l’apologie, est depuis maintenant des années complice de ces activités néfastes », a-t-il poursuivi.

Escalade

Des voix se sont élevées aux États-Unis contre cette décision qui paraît fermer la porte au dialogue avec Téhéran. « Le fait de sanctionner des diplomates affaiblit la diplomatie », a ainsi tweeté le sénateur républicain Rand Paul, qui avait tenté d’entamer une médiation avec l’Iran.

Donald Trump a décidé en mai 2018 de retirer les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne. Depuis cette date, le président américain a rétabli des sanctions contre l’Iran avec l’espoir d’asphyxier son économie, afin de contraindre ses dirigeants à revenir négocier un autre accord.

Cette politique a conduit à une escalade des déclarations et des mesures prises par les deux pays, l’Iran ayant annoncé en mai dernier qu’il allait progressivement se soustraire aux obligations qui lui sont faites dans le cadre de l’accord.