[Vidéo] Opération Barkhane : Macron annonce une « transformation profonde »

894

En conférence de presse, Emmanuel Macron a évoqué de nouvelles modalités de coopération au Sahel et une « transformation profonde » de la présence militaire française.

DÉFENSE – À l’occasion d’une conférence de presse, Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 10 juin dans l’après-midi la fin l’opération militaire antijihadiste Barkhane au Sahel, du moins sous sa forme actuelle.
Parlant d’une « transformation profonde », le président de la République a évoqué « la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure pour permettre une opération d’appui, de soutien et de coopération aux armées des pays de la région qui le souhaitent ». Les modalités de cette nouvelle coopération internationale seront élaborées lors d’un rassemblement de la coalition d’ici fin juin.
« La présence durable dans le cadre d’opérations extérieures de la France ne peut pas se substituer au retour de l’État et des services de l’État à la stabilité politique et au choix des États souverains », a enfin précisé le président.
La « transformation » de l’opération Barkhane passera notamment par la fermeture de bases de l’armée française et par la priorité donnée à la lutte contre les jihadistes par les forces spéciales.
La lutte contre le terrorisme sera faite « avec des forces spéciales structurées autour de (l’opération) Takuba avec évidemment une forte composante française – avec encore plusieurs centaines de soldats – et des forces africaines, européennes, internationales », qui « aura vocation à faire des interventions strictement de lutte contre le terrorisme », a précisé le président français au cours d’une conférence de presse.
Plus de 5000 soldats français déployésCes annonces s’inscrivent dans la volonté politique déjà esquissée par Emmanuel Macron de réduire à moyen terme la présence militaire française dans la zone. Paris déploie quelque 5100 soldats contre les jihadistes affiliés au groupe Daech et à Al-Qaïda, un soutien de taille aux armées affaiblies des États du Sahel qui peinent à les combattre seules.
Mi-février, lors d’un sommet à N’Djamena avec les partenaires du G5 Sahel (Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie), le président français avait annoncé que Paris ne comptait pas réduire « dans l’immédiat » les effectifs de Barkhane. Il avait toutefois esquissé une stratégie de sortie, à la faveur de renforts européens prêts à les rejoindre, alors que la France combat massivement les jihadistes au Sahel depuis début 2013.
Engagements maliensLa situation s’est compliquée ces dernières semaines, d’une part avec la m**t brutale du président Idriss Déby au Tchad, et surtout le deuxième coup d’État en huit mois au Mali, pays central de l’opération Barkhane.
A cet égard, Emmanuel Macron a d’ailleurs déploré que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ait « reconnu » le colonel Assimi Goïta comme président de la transition au Mali, après un deuxième putsch, y voyant une « mauvaise jurisprudence » pour l’Afrique et une « erreur ».
« La décision que la Cédéao a prise de reconnaître un putschiste militaire six mois après lui avoir refusé ce droit crée une mauvaise jurisprudence pour les Africains eux-mêmes (…) pour la Cédéao elle-même et par le précédent que cela crée chez beaucoup de voisins », a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
Emmanuel Macron a d’ailleurs posé comme condition à la reprise des opérations militaires mixtes avec les forces maliennes des engagements « clairs » des autorités de transition à ne pas dialoguer avec les jihadistes.
Plus d’informations à venir…