Vaccin covid : comment ça va se passer dans les Ehpad ?

Les résidents des Ehpad et le personnel qui y travaille sont les personnes prioritaires pour la vaccination contre le Covid-19. Un million de personnes pourraient se faire vacciner en janvier et février.

Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran, ont présenté la stratégie vaccinalequi définit la manière dont va s’organiser la distribution et l’administration des doses de vaccin à travers le territoire. Premiers à être vaccinés en janvier et février, les personnes âgées résidant en Ehpad et les professionnels qui y travaillent et présentent un risque élevé (âge supérieur à 65 ans, pathologies qui les rend vulnérables). Au total, un million de personnes sont concernées par cette première phase de la campagne de vaccination.
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Comment ça va se passer ?

Lors de la première phase de vaccination, le seul vaccin disponible sera le vaccin BioNTech/Pfizer, qui doit être stocké à -80°C. L’usine de production livrera les vaccins à des plateformes privées capables de les stocker à cette basse température. Les plateformes les livreront ensuite aux Ehpad ou aux pharmacies avec lesquels ils travaillent habituellement.
Une consultation médicale sera proposée à chaque résident , à cette occasion le médecin s’assurera de son état de santé et de l’absence de contre-indications. Et après l'avoir informé des bénéfices et des risques de la vaccination, le médecin recueillera son consentement. Pour les patients atteints de troubles cognitifs, la famille proche sera contactée pour ce consentement.
Le médecin ou l'infirmière procèderont à la vaccination. Trois semaines plus tard, ils procèderont à la seconde injection.

Des tests antigéniques dans les Ehpad

Fin novembre, la ministre déléguée en charge de l’Autonomie auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, Brigitte Bourguignon, a annoncé la mise en place de tests antigéniques dans les établissements d’accueil pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Face à la situation sanitaire qui reste « préoccupante », la ministre veut « éviter impérativement de retrouver les chiffres de la première vague. Un Ehpad sur deux avait alors été touché ». Elle invite les établissements à tester leur personnel chaque semaine.

Plus simples et plus rapides à réaliser que les tests PCR effectués en laboratoire, les tests antigéniques permettent de détecter les éventuels malades parmi les salariés asymptomatiques. Ceux par qui le virus peut entrer dans les Ehpad, et frapper les personnes vulnérables… Ce dépistage ne sera toutefois pas obligatoire mais la ministre en appelle à la «responsabilité» des professionnels de ces établissements pour personnes âgés. Elle invite également les familles à pratiquer un test PCR 72h avant de rendre visite à l’un des résidents.

Dans un premier temps, l’Etat livrera 1,6 million de tests antigéniques aux Ehpad, « qui s’approvisionneront eux-mêmes ensuite » a ajouté la ministre.
Va-t-on tester les visiteurs ?

Les visiteurs des Ehpad vont être « encouragés » à effectuer un test RT-PCR 72 heures avant une visite à leur proche ou, s’ils n’ont pas pu le faire, à faire un test antigén***e dans la journée en pharmacie. « Les proches qui rendent visite très souvent aux résidents pourront participer aux campagnes de dépistage hebdomadaire des professionnels », a précisé la ministre Brigitte Bourguignon. Par ailleurs, ils seront invités à répondre à un auto-questionnaire, « personnel et confidentiel », avant d’entrer dans l’Ehpad.

La HAS recommandait dans son document du 6 novembre, de ne réaliser des tests de détection qu’à l’occasion de dépistages ciblés menés au sein de l’établissement d’accueil des personnes âgées. La Haute autorité de santé insistait sur le fait qu’un test négatif peut rassurer à tort et qu’il ne doit pas entraîner la suppression des gestes barrières tels que le port du masque et la distanciation physique tout au long de la visite.
Confinement : comment se passent actuellement les visites dans les Ehpad ?

Contrairement à la décision qui avait été prise au printemps dernier, pour ce second confinement qui a débuté le 30 octobre, « les visites restent autorisées en Ehpad, dans le strict respect des protocoles sanitaires », « pour éviter que des personnes seules, en fin de vie, se retrouvent totalement isolées » a déclaré le président de la République.

Sur saisine du ministère délégué chargé de l’Autonomie, la HAS a élaboré et publié le 6 novembre un document d’information à destination des familles rendant visite à un proche résidant dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). L’objectif est double : informer sur les conditions de ces visites et favoriser le dialogue avec les professionnels. Pour que les visites se passent au mieux lors de ce confinement, de nouvelles règles ont été établies :

Les visites doivent se faire uniquement sur rendez-vous.
Les visites sont limitées à 2 personnes.
Privilégiez dans la mesure du possible des vêtements dédiés à cette visite.
Désinfectez-vous les mains avec une solution hydroalcoolique et portez un masque chirurgical (la grande majorité des Ehpad en mettent à disposition des visiteurs).
Renseignez le registre mis en place à l’entrée de l’établissement et signez la charte d’engagement au respect des gestes barrières et au port du masque.
Elles se déroulent dans un salon, ou sur une terrasse si la météo le permet. Les visites en chambre peuvent être autorisées par la direction de l'établissement dans certains cas : résidents ne pouvant pas se déplacer, situation de fin de vie, etc.

« A leur arrivée sur l’établissement, les familles sont accueillies par un membre du personnel : il leur est demandé de porter un masque, de se laver les mains, de prendre leur température, de remplir un autoquestionnaire covid, de signer un registre de présence. Bien entendu, pendant toute la visite, il est demandé de respecter les mesures barrières et notamment la distanciation » explique le groupe Orpea.

Pour rendre visite à un parent en Ehpad, il suffit de cocher le motif « Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables et précaires ou la garde d’enfants » de l’attestation de déplacement dérogatoire. Elle est téléchargeable sur le site du ministère de l’Intérieur ou encore sur le site du gouvernement ainsi qu’à partir de l’application Tous AntiCovid.
Les personnes les plus à risque de forme grave du Covid

L’âge moyen des résidents en EHPAD est de 85 ans. Face au COVID-19, ces personnes cumulent des fragilités, physiques et psychologiques et font partie des personnes les plus à risque de développer une forme grave de la maladie. L’incidence de la maladie a fortement augmenté chez les personnes âgées de plus de 75 ans : + 89%.

Depuis début septembre (S36), le nombre de cas chez les personnes âgées de 65 à 74 ans a été multiplié par 7 et le nombre de cas chez les personnes âgées de 75 ans et plus par 8.
Combien y a-t-il eu de cas de Covid dans les Ehpad depuis mars ?

Dans son point épidémiologique du 3 décembre, Santé publique France annonce que depuis le 1er mars (et jusqu’au 29 novembre 2020), 12 526 signalements d’un ou plusieurs cas de COVID-19 ont été déclarés dans les Etablissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPAD et autres établissements-EHPA, résidences autonomie, résidences seniors).

Chez les résidents : 103 191 cas confirmés ont entraîné 16 664 décès dans les établissements et 6326 décès dans les hôpitaux.
Chez le personnel : 50 525 cas confirmés.

Y a-t-il des régions plus touchées par le Covid que d’autres ?

La hausse de la mortalité, particulièrement chez les personnes de plus de 65 ans est plus particulièrement marquée en Auvergne-Rhône-Alpes où l’excès de décès a atteint un niveau exceptionnel sur quatre semaines consécutives. 92% des cas de COVID-19 décédés étaient âgés de 65 ans ou plus.

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