Utilisation de nervis par l’Etat : Les mises en garde de Moustapha Diakhaté

L’alerte est de l’homme politique Moustapha Diakhaté. Des nervis sont recrutés pour le maintien de l’ordre dans le cadre des manifestations contre le couvre-feu. « Pour faire respecter le couvre-feu et casser des manifestants, il a été constaté dans plusieurs communes de Dakar et la banlieue l’implication active de nervis », souligne Diakhaté.

Un précédent dangereux aux yeux de l’ancien député, car prévient-il, cela peut finir dans un chaos total. « L’intervention de gros bras pour le maintien de l’ordre est une extrême gravité et peut conduire le Sénégal dans une situation de guerre civile avec l’émergence de milices paramilitaires à la solde de politiciens sans foi ni loi ».

Dans tous les cas, Diakhaté ne se fait pas de doute. Pour lui, deux personnes seront les responsables de ce qui adviendrait : le Président Macky Sall et son ministre de l’Intérieur Antoine Diome.

Mais pour éviter les dérives, Moustapha Diakhaté invite les hiérarchies des forces de défense et de sécurité à refuser de couvrir les nervis dont la présence dans des opérations ne se justifie pas. « Les responsables de l’armée, de la gendarmerie et de la police doivent refuser d’accepter d’être les complices de l’illégal déploiement de nervis, à côté des forces de défense et de sécurité, dans des actions régaliennes de maintien l‘ordre républicain. Il s’agit pour eux d’éviter que soit ternie l’image de l’armée, de la gendarmerie et de la police », interpelle Diakhaté.

L’ancien conseiller de Macky Sall veut qu’une enquête indépendante soit ouverte pour identifier les responsables de ce dérapage. Il invite d’ailleurs la société civile et tous ceux qui sont épris de démocratie et d’Etat de droit à en faire une exigence.

« Le Sénégal, la plus vieille démocratie d’Afrique ne peut prendre le chemin des sombres démocraties illibérales où on additionne crimes, exécutions, assassinats, disparitions et tortures », prévient-il.