Unis par leur passé commun au Sénégal et au FC Metz: Sadio Mané et…

Unis par leur passé commun au Sénégal et au FC Metz, Sadio Mané et Désiré Sègbè vont s’affronter en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations ce mercredi. Une compétition qui leur a réservé des trajectoires très différentes. À l’image de leurs carrières.

Le Caire, 9 juil (APS) – Le match Sénégal-Bénin va opposer le leader d’attaque des Lions, Sadio Mané, et son « frère » béninois Désiré Segbé (FK Senica, République tchèque), qui se connaissent depuis qu’ils étaient tous les deux pensionnaires de Génération Foot, en 2010.

« L’attaquant Désiré Sègbè débarque à l’académie Génération Foot, mais il comprend vite que la communication sera difficile : il ne parle pas wolof. Arrivé quelques mois auparavant, Sadio Mané, enfant de la Casamance (sud), se charge alors de jouer les interprètes avec ses connaissances en français », rapporte le quotidien régional français Le Républicain Lorrain, dans un article publié en mai 2018.

« Le Béninois, qui cherchait un traducteur, ne le savait pas encore : il venait de rencontrer un ami, un frère », ajoute le quotidien français.

Le journal poursuit : « Deux saisons plus tard, Sègbè découvre la Moselle. Le FC Metz, qui avait eu vent de cette amitié, libère une chambre du centre de formation pour eux, la 16. Malheureusement, ils n’auront pas souvent l’occasion de taper le ballon ensemble. »

« Sadio était arrivé avec une pubalgie. Et moi, je me suis blessé au genou », confie Désiré Sègbè au journal.

L’attaquant béninois n’a pas encore joué à la CAN 2019, au contraire de Sadio Mané, auteur de trois buts.

Sègbè et Mané se sont séparés après leur rencontre à Génération Foot.

« Mané va construire sa carrière de Salzbourg à Southampton, avant d’atterrir à Liverpool. Sègbè emprunte des chemins plus modestes, Esch, Le Puy, Pagny, Epinal puis FK Senica. Mais la connexion reste active. Les deux amis se voient autant que possible pour partager des parties de ping-pong et de tennis-ballon ou vivre tout simplement », poursuit Le Républicain Lorrain.

« En général, ils se voient à Paris ou Liverpool. Mané, 26 ans, est également venu supporter son pote, plus jeune d’un an, en Coupe de France en 2018, dans les Vosges, face à l’OM », raconte le journal.

Le Béninois s’était rendu à Kiev (Ukraine) pour soutenir son « frère », lors de la finale de la Ligue des champions remportée par le Real (1-3).

« J’ai toujours parlé en bien de ce mec sous-coté à mon goût. Mais les gens ont souvent estimé que c’est parce que c’est mon meilleur ami », témoigne Ségbè dans un journal béninois, à la veille de la CAN 2019.

« Aujourd’hui, tout le monde s’en rend compte, et il le mérite. Je savais qu’il avait des qualités et qu’il pouvait aller très loin, je le lui ai souvent dit d’ailleurs. Mais je ne savais pas jusqu’où il pouvait aller. Je ne le sais toujours pas. Je pense qu’il peut faire encore mieux que ce qu’il a fait cette saison. J’avais pronostiqué 19 buts cette saison, pour lui. Il en a mis 22. C’est un gaïndé (lion, en wolof) », ajoute l’attaquant béninois.

SD/ESF/BK

Ils sont amis mais revendiquent des liens plus forts. Sadio Mané et Désiré Sègbè, qui a fait les beaux jours d’Epinal lors de la saison 2017-2018, se considèrent comme des « frères » et leur relation ne date pas d’hier. Elle avait trouvé ses racines au Sénégal, lorsque le futur vainqueur de la Ligue des Champions avait pris le Béninois sous son aile, lui servant à la fois d’éclaireur à l’Académie Génération Foot et de traducteur de wolof.

« Il a aimé ma gueule, j’ai aimé la sienne ! », expliquait Sègbè, dans ces colonnes, en mai 2018. « Entre nous, ça a matché tout de suite. Sur le terrain, j’étais trop gâté. J’avais Sadio à ma gauche et je profitais de ses caviars. »

Le fil de cette amitié a gagné en épaisseur dans les couloirs du centre de formation du FC Metz, puisque les deux joueurs y ont fait chambre commune. Puis leurs destins se sont séparés, sans jamais altérer la connexion. Mané a emprunté divers tremplins (Salzbourg, Southampton) avant de s’envoler avec Liverpool. Sègbè a exploré des voies plus secondaires (Esch, Le Puy, Pagny, Epinal) qui l’ont finalement mené en Slovaquie. Jusqu’à nouvel ordre, il appartient au FK Senica.

Un problème de penaltys

Clin d’œil du destin, les deux potes vont se retrouver dans un contexte officiel, mercredi prochain, en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, puisque le Bénin a créé la surprise en éliminant le Maroc. Malheureusement, Désiré Sègbè n’y est pour rien. Pour l’heure, l’attaquant s’est contenté de regarder jouer les Écureuils : il n’a jamais quitté le banc.

Sadio Mané a pris une part autrement plus fondamentale dans le parcours des Lions de la Teranga avec trois buts à son actif et… deux penaltys ratés. C’est son petit problème du moment et il a décidé de le régler en prenant ses distances avec l’exercice. « Désormais, je laisse le penalty aux autres », a-t-il expliqué. « À un moment donné, il ne faut pas être égoïste, il faut penser à l’équipe. » À quoi penseront Sègbè et Mané s’ils sont amenés à trancher leur qualification dans cette petite loterie ?