Uniformes scolaires : Les 10 milliards de l’Etat suscitent interrogations

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Pour matérialiser la directive présidentielle qui veut le port systématique des uniformes scolaires dès la rentrée prochaine, le ministre de l’Education nationale, son homologue de l’Artisanat et le patron de la Der se sont retrouvés, hier lundi, à Diamniadio pour discuter de la question. A l’issue de la rencontre, il a été retenu, selon Le Quotidien, de dégager une enveloppe de 10 milliards à cet effet.

«Partout où le port de la tenue scolaire a été rendu obligatoire, il a été établi que cette disposition constitue un levier important pour créer une atmosphère de travail et de discipline. Le fait de porter la même tenue développe un sentiment d’appartenance à un même groupe social », a argumenté le ministre Mamadou Talla dans les colonnes de Le Quotidien.

D’après le ministre, l’uniforme aide les écoliers à se concentrer sur les études sur les études « en évitant d’accorder de l’importance à l’aspect matériel ou au port vestimentaire des camarades».

Les questions de la Cosydep

Pourtant, cette décision va sans doute susciter débat. Déjà, la Cosydep s’interroge sur la pertinence d’une telle mesure face aux urgences de l’heure dans le système éducatif. Selon cette Ong spécialisée dans l’éducation, trois questions se posent à ce sujet.

« D’abord la priorité de cette opération face aux défis prégnants qui ont pour noms : résorber les abris provisoires, solder le passif avec les enseignants, mettre aux normes l’environnement des apprentissages (sécurité, eau, hygiène), garantir la continuité des enseignements en situation d’urgence surtout pour les plus défavorisés, … », énumère-t-elle.

Et si jamais l’Etat persiste dans cette décision, Cheikh Mbow et Cie se demandent quel sera le dispositif pour que ça soit inclusif et transparent. Dans tous les cas, la Cosydep milite pour une gestion décentralisée et déconcentrée.

La dernière question est relative à la capacité de l’Etat à assurer la durabilité de l’initiative. La préoccupation ici consiste à éviter que le coût ne soit supporté dans le futur par les familles qui supportent déjà une bonne partie des frais liés à l’Éducation.