Un patient sur 20 serait victime d’une erreur médicale évitable

Selon une méta-analyse portant sur plus de 300 000 patients, la moitié des fautes médicales commises peuvent être évitées. La plupart sont liées à des erreurs de traitements.

Plus d’une personne sur dix est blessée au cours de soins médicaux. Et parmi ces erreurs, 12 % ont même entraîné l’invalidité permanente ou le décès d’un patient. Pourtant, la moitié de ces blessures pourraient être prévenues, selon une étude britannique publiée dans le British Medical Journal le 17 juillet dernier.

C’est l’analyse de 70 rapports portant sur 337 025 patients qui a mis en évidence la gravité du problème. Au total, 28 150 ont été victimes d’incidents préjudiciables pour leur santé, dont 15 419 auraient pu être évitées, ont estimé les chercheurs de l’Université de Manchester (Royaume-Uni). Plus précisément, 49 % des dommages rapportés étaient considérés comme « légers », 36 % comme « modérés » et 12 % comme « graves ».
8 milliards d’euros de coups supplémentaires

La plupart des incidents sont en fait liés à la prescription de médicaments ou de traitements inadaptés (à cause d’une allergie, par exemple), puis qu’ils représentaient 49 % des torts enregistrés. Les blessures liées aux procédures invasives (interventions chirurgicales) en représentaient 23 %, les infections liées aux soins de santé et les diagnostics erronés tous deux 16 %. Les erreurs médicales évitables étaient par ailleurs plus courantes dans les unités de chirurgie et de soins intensifs que dans les centres hospitaliers. Au contraire, elles étaient plus faibles dans les unités obstétriques.

« Les dommages évitables aux patients pourrait entraîner des améliorations significatives des soins médicaux et des économies considérables pour les systèmes de soins de santé du monde entier », assurent les auteurs de l’étude. Selon leurs estimations, rien qu’aux États-Unis, ils sont responsables de 9,3 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros) de coûts supplémentaires par an pour les prestataires de santé.
Pas de solution miracle

Cette étude rappelle « à quel point les préjudices médicaux [prévalent] dans tous les systèmes de santé et, plus important encore, [attire] l’attention sur ce qu’il [est] potentiellement possible d’éviter », soulignent des experts de la London School of Economics (Royaume-Uni) et de la Harvard Medical School (Ctats-Unis) dans un éditorial l’accompagnant. Ils demandent à ce que les « quasi-accidents » soient recensés de façon systématique, afin de « donner aux patients les moyens de garantir un système de santé sûr et efficace ».

Mais il n’y n’existe d’après eux pas de solution miracle pour les réduire. Pour Tami Minnier, responsable de la qualité du centre médical de l’Université de Pittsburgh interrogée par la NBC, cela nécessite une combinaison de gestes de la part du patient et du personnel, une gestion cohérente et, parfois, d’user de nouvelles technologies plus sûres.

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