Un Afro-Américain tué par la police et de nouvelles manifestations à Philadelphie

Souffrant de problèmes psychologiques, Walter Wallace Jr a été tué lundi de plusieurs balles alors qu’il était armé d’un couteau. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jusque dans la nuit.

L’affaire va-t-elle à nouveau embraser les Etats-Unis, après un été marqué par la mort de George Floyd et les très nombreuses manifestations autour du mot d’ordre «Black lives matter» qui s’en sont suivies ? Un Afro-Américain de 27 ans a été tué par balles par deux policiers à Philadelphie, lundi après-midi, et de nombreuses personnes ont protesté jusqu’au milieu de la nuit dans les rues de cette grande ville de la côte est.

Walter Wallace Jr souffrait de problèmes psychologiques et prenait des médicaments, selon ses parents. Lundi, vers 16 heures, il est dans la rue, armé d’un couteau, face à deux policiers qui le mettent en joue avec leurs pistolets. Sa mère tente de faire barrage, de le retenir, mais il l’écarte et marche vers les policiers. «Jette ton couteau», lui crient-ils. Puis ils tirent sur lui, plusieurs fois, alors qu’il se trouve à plusieurs mètres d’eux. Walter Wallace Jr sera déclaré mort à l’hôpital.

«Il a des problèmes psychologiques, pourquoi lui tirer dessus avec une arme à feu?», demande Walter Wallace Sr, le père de la victime. Selon lui son fils faisait une crise. «Pourquoi n’ont-ils pas utilisé leur taser ?» Une vidéo amateur montre tout de la scène, et n’a rien fait pour apaiser la colère. Dans la soirée, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées non loin du lieu de la scène et ont défilé dans les rues de Philadelphie en criant : «Dis son nom, Walter Wallace». La nuit a été marquée par plusieurs incidents : des magasins pillés, une voiture de police brûlée. Douze policiers sont blessés, selon les autorités.
Des associations dénoncent l’utilisation d’armes à feu par les deux policiers : Walter Wallace aurait pu être appréhendé avec des armes non-létales, comme un taser. Une critique que la police de Philadelphie a admise à demi-mot, de même que le maire (démocrate) de la ville, Jim Keney. «J’ai vu la vidéo de cet incident tragique, et elle soulève des questions difficiles auxquelles il faudra répondre», a-t-il réagi dans un communiqué. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées mardi matin.