Trop de sucre dans les aliments pour bébés

Il augmente le risque de caries et de surpoids. Pourtant, le sucre est encore trop présent dans les produits alimentaires destinés aux tout-petits, révèlent deux études menées par l’Organisation mondiale de la Santé.

Même étiquetés comme des plats salés, les aliments industriels pour les bébés contiennent trop de sucre, alerte l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un communiqué ce lundi 15 juillet. La branche européenne de l’institution avertit des dangers pour les tout-petits de cet apport élevé. Leurs premières dents pourraient en souffrir, avec un risque accru de caries dentaires. Cela développe aussi une préférence pour les aliments sucrés, avec le risque plus tard de délaisser ceuxriches en nutriments. Augmentant, par la même occasion, le risque de surpoids.

« Une bonne nutrition durant la période néonatale et la petite enfance reste essentielle afin d’assurer une croissance et un développement optimaux chez l’enfant, et de meilleurs résultats sanitaires plus tard dans la vie, y compris la prévention du surpoids, de l’obésité et des maladies non transmissibles (MNT) liées au régime alimentaire », confirme Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe.

Les arômes sucrés prédominent

Dans une première étude, près de 8 000 produits alimentaires pour bébés de 516 magasins entre Vienne (Autriche), Sofia (Bulgarie), Haïfa (Israël) et Budapest (Hongrie) ont été analysés entre novembre 2017 et janvier 2018. Pour 18 % à 57 % d’entre eux, 30 % des calories provenaient ainsi des sucres totaux, et près d’un tiers des sucres ajoutés ou des édulcorants, faisant prédominer les arômes sucrés.

Certaines denrées faisaient même l’objet d’allégations de santé : entre 16 % et 53 % comportaient des personnages de dessins animés sur l’étiquetage. Ce n’est pas recommandé par l’OMS, car cela encourage le « pouvoir influenceur » chez les enfants.

Par ailleurs, alors que l’OMS recommande l’allaitement exclusif au lait maternel pour les nourrissons de moins de 6 mois, 28 à 60 % de ces produits chargés en sucres étaient étiquetés comme leur convenant. Aucun aliment industriel ne devrait pourtant être commercialisé pour cette tranche d’âge.

Dans les produits salés aussi

Dans une seconde partie, l’OMS s’est penchée sur les produits en vente au Royaume-Uni, au Danemark et en Espagne en 2016-2017. Ces aliments étaient généralement conformes aux directives concernant le sel, les protéines, les lipides et les glucides. Mais de nombreux étaient eux-aussi trop riches en sucre. Ce dernier représentaient 70 % des calories dans les purées de fruits.

Or ces purées de fruits sont aussi ajoutées aux plats salés. « Plus de 15 % de [leur énergie proviennent] des sucres totaux, la purée de fruits fournissant une grande partie de la teneur en sucre, même dans les produits apparemment salés », indique le rapport.

Réactualiser les directives

L’OMS Europe estime ainsi que tous les sucres ajoutés, y compris les concentrés de jus de fruits, devraient être interdits dans tous les aliments destinés aux tout-petits. Aucune contenance ne devrait dépasser plus de 5 % de purée de fruits, en particulier les produits salés. Les boissons et jus de fruits ainsi que les confiseries ne doivent quant à eux pas être commercialisés comme étant adaptés aux enfants de moins de 3 ans.

Enfin, l’institution préconise des aliments riches en nutriments, préparés à la maison, pour nourrir les enfants entre leurs 6 mois et leurs 2 ans.

À lire aussi :

  • Les enfants mangent trop de sucres !
  • Sucré, amer, gras: la génétique joue un rôle dans les grignotages des enfants

Ne ratez aucun article de Topsante.com en recevant directement une alerte via Messenger