Traitement du coronavirus (Covid-19) : quelles sont les pistes ?

A quand un remède miracle contre le coronavirus ? Pour l’heure, aucun traitement n’est validé, mais les laboratoires s’activent pour accélérer la mise sur le marché de LA molécule qui pourra, demain, guérir du coronavirus.

Alors que l’épidémie Covid-19 terrorise la planète, scientifiques et médecins, cherchent l’arme pour soigner les patients. Comment ? En sollicitant l’immunité acquise via l’élaboration d’un vaccin, et en parallèle en testant différents traitements anti-viraux, seuls ou en cocktail. A ce jour, aucun traitement spécifique n’a été identifié pour le Covid-19. Un essai clinique européen « discovery » destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus a débuté en France, a annoncé dimanche 22 mars l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La médecine traditionnelle chinoise est également à l’étude en Chine. Les stratégies sont de deux formes principalement : utiliser des médicaments sur le marché et ayant fait leurs preuves contre d’autres virus (VIH, Ebola…), tester des molécules sur des cultures virales de Covid-19. Plusieurs candidats de médicaments contre le coronavirus sont à l’étude.
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L’hémoglobine de ver marin pour les patients sévères en réa

Un essai clinique, consistant à administrer à dix malades du Covid-19 une solution issue du sang d’un ver marin va démarrer au sein de deux hôpitaux de l’AP-HP (HEGP et Pitié-Salpêtrière). Pourquoi des vers marins ? Parce que son hémoglobine, présente dans les globules rouges et dont le rôle est de transporter l’oxygène dans le corps, est capable d’acheminer 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Cette solution thérapeutique sera administrée à des patients en syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Ces vers mesurant entre 10 et 15 cm, sortes de « super respirateurs » offrent des perspectives d’espoir pour soulager les réanimations.
Le vaccin BCG

Des chercheurs s’intéressent à la composante inflammatoire sollicitée lorsque nous sommes en contact avec un virus. Et pour cause : le Covid-19 a pour particularité d’engendrer une très forte réaction inflammatoire dans les poumons chez les cas sévères. Laurent Lagrost (Directeur de Recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) et Didier Payen (Professeur Emerite à l ‘Université Paris 7 et Professeur d’Anesthésie-Réanimation) expliquent que « si le SARS-CoV-2 est à l’origine de l’attaque, c’est bien la réponse inflammatoire de l’hôte qui tue. » Selon des tests menés aux Pays-Bas sur des souris, le BCG diminue la charge virale et a une action sur le contrôle de l’inflammation. En résumé, le vaccin ne serait pas utilisé pour se protéger du coronavirus, mais pour aider le système immunitaire à le combattre. Une équipe allemande s’y intéresse, de même que l’Institut Pasteur de Lille. Rien n’est encore prouvé, mais la piste est prometteuse.
Le sang des patients guéris, antidote au Covid-19 ?

Un essai clinique démarre lundi 6 avril et sera mené conjointement par l’APHP (les hôpitaux de Paris), l’Etablissement français du sang et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il sera piloté par le Pr Karine Lacombe, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Antoine (Paris). Les résultats de cet essai clinique sont attendus d’ici 3 semaines. D’où vient l’idée d’utiliser du sang de patients guéris ? Des chercheurs new-yorkais pensent que le plasma riche en anticorps issus de personnes guéries de l’infection par le coronavirus pourrait aider certains malades. Cette technique date a déjà été utilisée pendant la grippe espagnole. La Food and drugs asministration (FDA) a autorisé l’utilisation du plasma, classé comme un « nouveau médicament expérimental ». Dans un premier temps, il sera administré aux patients dans deux hôpitaux new-yorkais. D’autres patients d’autres hôpitaux recevront un traitement placebo. L’objectif serait de l’utiliser chez les personnes les plus exposées, comme le personnel soignant.

L’hyroxychloroquine (Plaquenil)

Cet antipaludique, plébiscité par un infectiologue de Marseille, le Pr Didier Raoult, est l’objet d’une controverse scientifique en France. Inclus dans l’essai clinique Discovery, la chloroquine a par le passé obtenu de premiers résultats encourageants, notamment dans des études chinoises, et plus récemment à l’hôpital de la Timone à Marseille, dans le service du Pr Raoult. Toutefois, il est encore trop tôt pour valider son efficacité, les études ne comportant pas suffisamment de patients. En attendant, certains médecins commencent à le prescrire à leurs patients sévères, en milieu hospitalier. Comme l’a rappelé le Haut Conseil de Santé publique, toute prescription en population générale pour des formes non sévères est exclue. Rappelons encore que la délivrance du Plaquenil est désormais encadrée par décret et limitée à ses indications médicales strictes (polyarthrite rhumatoïde, lupus, et en prévention des lucites estivales) afin de ne pas créer de tensions d’approvisionnement.
Le remdesivir

Ce médicament (laboratoires Gilead) est un antiviral qui a déjà montré son efficacité chez le singe contre le coronavirus MERS. « C’est une petite molécule capable de gagner l’ensemble des compartiments de l’organisme et dont on sait qu’elle diffuse parfaitement dans les poumons, organe cible de la maladie », avait expliqué le Pr Denis Malvy (CHU Bordeaux) après l’avoir administré pendant 10 jours à un patient fin janvier. Celui-ci l’avait bien toléré et avait pu quitter le CHU de Bordeaux sans signes cliniques. Le Remdesivir fait l’objet d’un essai thérapeutique comparatif en Chine avec la coordination de l’OMS.
L’association lopinavir et le ritonavir (Kaletra)

Cette combinaison de deux médicaments a déjà fait ses preuvees contre le VIH-Sida.
Le favipiravir (Avigan)

Cet antiviral utilisé notamment avec succès pour lutter contre Ebola, a fait l’objet d’essais cliniques sur 200 patients chinois dans les hôpitaux de Wuhan et de Shenzen. Résultat : il permettrait de réduire la durée de la maladie à 4 jours (contre 11 en général) et de réduire les symptômes de pneumonie. Mais l’Avigan est pour l’heure interdit en Europe et aux Etats-Unis, en raison d’effets secondaires importants, comme des déformations fœtales chez la femme enceinte.

ATTENTION aux REMÈDES MIRACLES : à ce jour, aucun traitement n’est validé contre le nouveau coronavirus par les autorités internationales.

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