Tests salivaires Covid-19 : c’est pour quand ?

Indolores et non invasifs, les tests salivaire pourraient être une alternative aux tests naso-phrayngés. Reste à prouver qu’ils font aussi bien que les tests naso-pharyngés. On fait le point sur les essais en cours.

Depuis la sortie de confinement, des tests de dépistage nasopharyngés sont proposés aux Français en cas de symptômes.
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Mais ces tests qui se pratiquent en insérant un long coton-tige dans le nez du patient sont peu agréables. En outre, il existe un risque de contamination du professionnel de santé qui effectue le test : lors du prélèvement par écouvillon, il y a souvent une réaction réflexe de rejet, où la personne testée tousse ou éternue et peut projeter des postillons. Les tests salivaires présentent l’avantage d’être plus simples à réaliser, mais aussi moins impressionnants et indolores, donc plus susceptibles d’être acceptés par les patients, notamment dans le cadre d’un dépistage répété.

L’arrivée de tests rapides salivaires est donc très attendue comme alternative aux tests nasopharyngés. Si de premiers tests ont été réalisés, leur fiabilité reste malgré tout à ce jour insuffisante pour une utilisation immédiate généralisée. Néanmoins compte tenu du besoin réel de tests plus simples pour dépister, y compris en ambulatoire, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son feu vert ce 10 août à leur évaluation et obtenu l’attribution d’un « forfait innovation », en d’autres termes, un financement temporaire accordé par le ministère de la Santé. Ce forfait innovation demandé par la Société française de microbiologie et le Centre Hospitalier Andrée Rosemon de Cayenne (Guyane) va déclencher l’utilisation de ces tests et leur prise en charge financière au cours de l’essai clinique prévu par ce dispositif. Cette étude vise à définir précisément les conditions optimales de recours à ces tests ainsi que la fiabilité qui peut en être attendue. Les prélèvements effectués devraient d’ailleurs permettre de constituer une « salivothèque » de référence.
Comment fonctionne le test salivaire ?

Le principe est le même que pour une PCR classique. Après prélèvement de salive (l’un des principaux vecteurs du virus), l’échantillon est placé dans un tube avec des réactifs chauffés à 65°C. Le site du CNRS explique son fonctionnement : « Il suffit de prélever de la salive, l’un des principaux vecteurs du virus, et de la placer avec les réactifs à 65°C pendant 30 minutes. Le personnel soignant peut alors lire le résultat à l’œil nu. A la différence de la méthode de test de référence qui demande plusieurs heures de traitement en laboratoire et nécessite des équipements et réactifs importants. »

Le test permet de diagnostiquer sur le terrain et (presque) instantanément les patients atteints du Covid-19.
Essais cliniques : où en sommes-nous ?

L’essai « Covisal » a démarré fin juillet en Guyane. Objectif : valider que la salive est aussi efficace que les prélèvements nasaux. Concrètement, l’étude vise à recueillir du mucus dans le nez et de la salive sur des personnes symptomatiques se présentant aux urgences du CHU de Cayenne pour suspicion de Covid­19. Le protocole prévoit d’inclure 1200 personnes dans l’essai. « Nous espérons savoir d’ici à la fin septembre s’il est possible de basculer vers un prélèvement salivaire, et dans quelles conditions », annonce au Monde ce 28 août, le virologue Bruno Lina, membre du conseil scientifique.

Une seconde étude baptisée « Salicov » doit prochainement démarrer à l’Assistance publique­Hôpitaux de Paris (AP­HP). Mené sur 2000 patients Covid+, il a pour objectif d’évaluer l’intérêt des prélèvements salivaires dans le cadre d’un dépistage. Deux prélèvements -nasal et salivaire- seront effectués en parallèle.
EasyCov : un test développé en 3 mois seulement

Autre projet en cours, le test salivaire EasyCov qui est proposé par un consortium français au sein du laboratoire Sys2Diag, qui associe la société de biotechnologie SkillCell, la société Alcediag et les chercheurs CNRS du CHU de Montpellier, sous la houlette du biologiste Franck Molina. Il a été développé en trois moins seulement ! La clé du succès ? Franck Molina en est convaincu, c’est le partenariat public-privé dont il a bénéficié : « pour développer et industrialiser un test en trois mois à peine, il ne suffit pas d’inventer quelque chose dans un labo, il faut y associer rapidement les volets clinique et industriel. Quand on a les trois ensemble, on va vite et on y arrive ! », explique-t-il ce 15 juin dans le journal du CNRS.

Des premiers tests cliniques ont été réalisés entre avril et mai sur 133 patients du CHU de Montpellier. Résultat : une sensibilité supérieure à 70% et un nombre de faux positifs très faible. La suite ? Des résultats intermédiaires devraient être communiqués à la fin du mois de septembre et soumis à une revue scientifique avec un comité de lecture.

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