Test antigén***e (Covid-19) : pourquoi un résultat négatif ne doit pas (trop) vous rassurer

Déployés en pharmacie, dans les cabinets médicaux, dans les Ehpad ou encore dans les établissements scolaires, ils présentent l’avantage d’obtenir un résultat en moins de 30 minutes. Mais avec une moindre fiabilité. Alors, peut bénéficier des tests antigéniques ? Que faire en cas de test positif ? Nos réponses.

« Début janvier, aucun test ne devra mettre plus que de 24 heures entre la demande de test et son résultat. Les tests antigéniques seront utilisés massivement en particulier pour les personnes qui ont des symptômes lorsqu’il faut dépister rapidement », a annoncé Emmanuel Macron lors de l’allocution mardi 24 novembre.
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Comme les tests RT-PCR de référence, ces nouveaux tests plus rapides s’effectuent via un prélèvement dans le nez avec un écouvillon. La différence, c’est qu’ils sont beaucoup plus rapides et permettent de lire les résultats, comme pour un test de grossesse, en 15 à 30 minutes.

Alors que les tests classique recherchent le génome du virus (l’ARN), les tests antigéniques recherchent, comme leur nom l’indique, l’antigène présent à la surface du virus (les protéines Spike et N sont utilisés comme marqueur).

Les particules récupérées au fond du nez sont mélangées avec un réactif déposé sur une bandelette. Le changement de couleur permet de déterminer rapidement si la personne est atteinte du Covid ou non.
L’avantage des tests antigéniques : un résultat rapide

Rappelons que les tests antigéniques sont déployés depuis octobre en plus des tests RT-PCR, ils présentent deux intérêts : ils peuvent être réalisés hors laboratoire -chez le médecin et en pharmacie notamment- et assurent un résultat rapidement, en moins de 30 minutes.

« Nous avons un test PCR fiable mais ce n’est pas suffisant au regard de la forte demande. Cela nous oblige à élargir l’arsenal de tests », avait expliqué Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) à l’occasion d’une conférence de presse ce 9 octobre, avant de résumer : « L’objectif est de tester plus de personnes et plus vite. »

L’autre intérêt, c’est qu’ils sont peu coûteux et simples à réaliser.
L’inconvénient : une fiabilité moindre

Selon la Haute autorité de santé (HAS), les tests antigéniques sont un peu moins sensibles que les tests PCR de référence : en cas de résultat négatif, le résultat est fiable dans 80% des cas avec un test antigén***e, alors qu’il est fiable à 95 % avec un test classique. Autrement dit, le pourcentage de « faux négatifs » est plus élevé avec les tests antigéniques rapides.

Pour autant, la HAS était favorable à leur utilisation au regard de la rapidité d’obtention des résultats pour limiter la progression du virus. A l’inverse, leur fiabilité pour détecter les positifs est de 99% donc élevée (1% de faux positifs).

Mais en pratique, Franck Pérez, directeur de l’unité Biologie cellulaire et cancer (Institut Curie, CNRS), souligne à l’occasion d’un point presse organisé le 24 novembre, qu’étant donné le nombre important de tests antigéniques disponibles sur le marché, il reste difficile d’évaluer leur sensibilité réelle, qui rappelle-t-il dépend aussi de « la bonne réalisation du geste ». Il est important de faire le prélèvement « suffisamment profondément », pointe-t-il. Selon lui, la fiabilité des tests pourrait être en-deçà de 80%. Donc bien moindre que celle les tests RT-PCR de référence.

Le risque ? Se sentir rassuré après avoir reçu un test négatif et relâcher les gestes barrière. « Le port du masque, le lavage des mains et la distance sociale doivent être maintenus, même si le test est négatif. » Pour résumer, un test négatif ne doit rien changer aux comportements. « Le plus important pour continuer à faire baisser le R, ce sont les mesures de distanciation et les gestes barrières, ce sera bien plus efficace que de faire un dépistage massif avec des tests dont la sensibilité n’est pas à la hauteur. »

Le chercheur estime toutefois que ces tests sont intéressants pour trier les cas, par exemple dans le cadre d’un cluster, où les charges virales sont importantes, pour stopper rapidement la diffusion du virus. Ou encore dans le cadre d’un dépistage régulier, même si la sensibilité est moins bonne. « En testant tous les deux ou trois jours par exemple, on testera suffisamment souvent, si la charge virale est importante on pourra la détecter. »
Test antigén***e : pour qui ?

Ces tests étant moins fiables que les tests PCR de référence, ils sont réservés aux personnes qui présentent le moins de risques d’être malade, et à celles qui sont le moins susceptibles de développer une forme grave.

Selon l’arrêté du ministère de la Santé, sont concernées :

Les personnes symptomatiques dans les 4 premiers jours après l’apparition des symptômes qui remplissent ces conditions :

Les personnes ont moins de 65 ans et ne présentent aucun risque de forme grave de la covid-19
Le résultat du test de référence RT PCR pour la détection du SARS-COv-2 ne peut être obtenu dans un délai de 48 heures

Les personnes asymptomatiques, hors cas contact ou personnes détectées au sein d’un cluster.

Attention : ces tests ne sont pas destinés aux personnes contact, qui doivent réaliser un test RT-PCR selon les délais recommandés.

Par ailleurs, « des opérations de dépistage à large échelle au sein de populations ciblées peuvent être autorisées par le représentant de l’Etat dans le département ». Cela peut recouvrir des populations qui vivent, étudient ou travaillent dans des lieux confinés qui favorisent la transmission du virus à un grand nombre de personnes (universités, abattoirs, etc.). Ici, l’objectif est de débusquer les clusters. « Dans ces cas, les tests antigéniques sont intéressants parce qu’il faut dépister vite pour casser au plus vite les chaînes de transmission », avait justifié Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels de la HAS ce 9 octobre lors d’un point presse.

-A noter que si le test doit être réalisé dans les 4 premiers jours après apparition des symptômes (et non dans les 7 jours comme c’est le cas pour les tests PCR classiques), c’est parce que c’est dans cette période qu’ils sont les plus performants (la charge virale est plus importante).

-A noter encore que si les personnes à risque sont exclues, c’est parce que ce test peut être faussement négatif dans au moins 20% des cas. On ne peut pas se permettre de ne pas dépister une personne à risque d’infection potentiellement grave.
Test antigén***e : où se faire dépister ?

Grâce à un arrêté paru au Journal officiel mi-octobre, les médecins et les pharmaciens sont autorisés à réaliser des tests antigéniques, de même que les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes, les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers. D’autres professionnels de santé peuvent également les pratiquer, sous la responsabilité d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un infirmer : les manipulateurs d’électroradiologie médicale, les techniciens de laboratoire médical, les préparateurs en pharmacie, les aides-soignants.

Concrètement, de nombreuses pharmacies proposent le dépistage par test antigén***e. Les cabinets médicaux et infirmiers aussi.

Ils sont également déployés dans les Ehpad. Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie a annoncé jeudi 19 novembre que les personnels devraient se faire dépister chaque semaine. L’objectif est de tester les personnels, y compris asymptomatiques, pour éviter qu’ils ne fassent entrer le virus et contaminent les résidents.

Mais aussi dans les services d’urgence des hôpitaux pour identifier rapidement les patients Covid, ainsi que dans les aéroports ou encore les ports.

Des opérations pilotes ont par ailleurs débuté lundi 23 novembre dans les lycées d’Ile-de-France. Elles se dérouleront sur plusieurs semaines dans une trentaine de lycées répartis sur l’ensemble de la région Île-de-France. Objectif : identifier rapidement les personnes porteuses du virus et rompre les chaînes de contamination, afin de mieux protéger les jeunes, leurs familles et l’ensemble de la communauté éducative.

Des campagnes de dépistage pourront se tenir également au sein de collectivités et entreprises, selon un protocole et sous la responsabilité d’un professionnel de santé. Le protocole sanitaire en entreprise actualisé depuis le reconfinement précise déjà que « l’employeur est tenu d’organiser les conditions permettant la bonne exécution de ces tests et la stricte préservation du secret médical, aucun résultat ne pouvant lui être communiqué ».
Test antigén***e : prix et prise en charge, résultats

Les tests antigéniques sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie. Il n’est pas besoin de présenter une ordonnance médicale. Le coût de la facture varie en fonction de l’endroit où le test est effectué. Pour un test effectué en consultation, le médecin généraliste facture 46 euros.

Une fois le test effectué, un document de traçabilité écrit du résultat (qu’il soit positif ou négatif) est complété par le professionnel de santé et remis au patient.

En cas de test antigén***e négatif : il convient de continuer à observer rigoureusement les gestes barrières. En cas d'apparition de nouveaux symptômes, il faudra alors faire un nouveau test.
En cas de test antigén***e positif : le malade doit s'isoler immédiatement. Il doit contacter son médecin traitant afin d'échanger avec lui sur les recommandations sanitaires et lister les personnes contact. Puis l'Assurance Maladie contacte le malade pour compléter cette liste. 

Rappelons que pour alerter et protéger ses proches, la personne testée positive peut se déclarer « cas positif » dans l’application TousAntiCovid . Pour cela, elle enregistre un code à 6 caractères alphanumériques ou un QR code à scanner transmis par son médecin ou le laboratoire. Une alerte est alors envoyée à l’ensemble des utilisateurs ayant été en contact rapproché avec elle les jours précédents.
D’autres tests vont-ils arriver ?

On distingue en fait deux alternatives aux tests PCR actuellement utilisés :

La première voie, c'est d'améliorer les techniques de prélèvement : c'est là qu'entrent en jeu les tests antigéniques. Le médecin, le pharmacien, ou tout autre professionnel de santé peut faire un test directement, sans passer par une analyse dans un laboratoire (on parle de TROD), ce qui devrait fluidifier l'accès au dépistage.
La deuxième voie, c'est de compléter l'offre de dépistage avec d'autres modalités de prélèvements : les tests salivaires chez les patients symptomatiques, les tests oro-pharyngés (l'analyse se fait sur un crachat) chez les patients asymptomatiques.

A plus long terme, lorsque la campagne de vaccination aura démarré, on aura également besoin de dépister pour savoir si on a développé une immunité et on aura besoin de tests sérologiques et rapides.

EN VIDEO : les explications de Franck Perez, Directeur scientifique à l’Institut Curie

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