Tension en vue à l’AIBD : Violations des contrats d’exclusivité, volonté…

Le Collectif des Prestataires et Investisseurs Sénégalais de l’Aéroport International Blaise Diagne (COPIS-AIBD) pousse un coup de gueule. Ils en ont visiblement marre des méthodes de la société de gestion de l’Aéroport LAS (Limak-Aibd-Summa). Une société qu’elle accuse de vouloir leur faire de l’ombre et qui privilégierait les investisseurs étrangers pour leur offrir sur un plateau d’argent les contrats de prestation. Et cela malgré plus de 20 milliards de financement et 700 emplois déjà créés par le COPIS qui représente l’ensemble des investisseurs/ Prestataires Sénégalais présents sur la plateforme Aéroportuaire ( Global Communication, Infinite Lounge, Senecartours, Secubag etc…)

Les prestataires sénégalais relativement aux contrats signés avec la société de gestion de l’aéroport, dénoncent une violation constante des clauses de base, notamment sur l’exclusivité. Ils dénoncent aussi une volonté de la société de gestion de vouloir les asphyxier économiquement en leur imposant une concurrence illégale, mais aussi des clauses usuraires. C’est le cas avec l’ouverture d’un deuxième salon VIP géré par un autre prestataire qu’Infinite Lounge avec qui pourtant un contrat d’exclusivité a été signé, ainsi que l’édition d’un magazine dans le dos de Global Communication chargé pourtant de la promotion communicationnelle de la plateforme.

Dans le domaine du transport malgré le contrat d’exclusivité signé avec Senecartours, beaucoup de sociétés de transport sont bien visibles et  présentes dans le domaine de l’aéroport et proposent une concurrence acerbe. Il en est de même pour l’emballage. Une nouvelle société ayant a été autorisée à s’implanter près du parc de bus « Dakar Dem Dikk ».

Tout cela fait dire à nos sources que LAS s’évertue à vouloir se débarrasser des prestataires sénégalais pour une gestion directe par LAS ou d’autres prestataires étrangers et français.

Comment LAS compte y parvenir ?

Par une tarification sur la base d’une indexation sur l’ensemble des passagers de l’aéroport au départ et à l’arrivée quelle que soit l’activité. Pour la communication c’est 0,5  euros de charge par passager pour Global ce qui équivaut à des redevances annuelles de presque 1 milliard de FCFA (1,3 million d’Euros) pour deux millions de passagers alors que les aéroports les plus chers en Europe sont à 0,20 Euros. Infinite pendant ce temps payait 0,60 euro et la société d’emballage Secubag, payait 0,20 euro au gestionnaire. Une logique financière inacceptable, compte non tenu des lourds investissements consentis par l’ensemble des prestataires. D’ailleurs les recommandations de l’étude du cabinet « Little Arthur » incitaient à une baisse de ces tarifs de 35%. Une étude commanditée par LAS lui-même.

Pour rappel, dans tous les aéroports du monde, le montant de la redevance des prestataires, contrepartie financière d’un service public rendu par l’exploitant d’un aéroport à un tiers, équivaut à 15% du chiffre d’affaires, ce qui n’est pas le cas à Dakar où on leur fait payer plus qu’ils ne gagnent. « Ils arrivent que les sociétés s’endettent pour offrir des services qui se révèlent à la fin sans intérêt », explique notre source toujours. « Nous payons jusqu’à 180% de notre chiffre d’affaires, ce qui constitue une grave atteinte du point de vue des droits des prestataires.

Pour finir, le Collectif des prestataires et investisseurs sénégalais de l’Aéroport International Blaise Diagne de dénoncer un deux poids deux mesures dans ce business modèle appliqué aux entreprises sénégalaises dans le domaine de l’aéroport. « Lagardère et une société Turque « Seko » en semblent exemptées. Elles bénéficient plutôt d’un système de revenue sharing, un business modèle où les partenaires se partagent les revenus après avoir monté ensemble le projet.

Aussi le COPIS de lancer un appel à l’État pour qu’il prenne ses responsabilités face une relation de force unilatérale et des menaces d’expulsion récurrentes. Ces membres de demander au patronat (MDES, CNP), mais aussi le Club des investisseurs du Sénégal (CIS) à inciter l’État à acheter plus de part et ainsi récupérer la gestion de l’Aéroport pour plus de souveraineté.

Le COPIS de finir par révéler que des avocats et des huissiers seront engagés pour constater les manquements de la société LAS quant aux contrats d’exclusivité bafoués.