«Tension de trésorerie» : Comment l’Etat traque …


A travers un communiqué de presse signé en début de semaine, le ministère des Finances a démenti l’information faisant état de l’existence supposée d’«une tension de trésorerie» au Sénégal agitée par une partie de l’opposition. « Le processus d’exécution du budget 2019 se déroule normalement avec un rythme de recouvrement correct des recettes ainsi qu’une prise en charge satisfaisante des dépenses», ont notamment soutenu les services d’Abdoulaye Daouda Diallo.

Mais, nous avons appris de sources bien informées que ces derniers ont mis la pression sur l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour pouvoir redresser la pente.

Selon des sources, dans sa recherche tous azimuts de trésorerie, le ministère des Finances entend braquer les ressources de l’Artp. La manne ciblée: Les redevances et frais de fréquence.

Les opérateurs de téléphonie auraient même été déjà saisis pour que ces redevances, principales recettes de l’Artp, soient directement virées au Trésor public. «C’est une réalité. Mais, pour plus d’informations, je vous suggère d’aller vous rapprocher des services du ministère des Finances », confirme une source, d’une compagnie de téléphonie.

Du côté du ministère des Finances, on nous informe que ces redevances sont recouvrées par la Direction générale des impôts et des domaines (Dgid) parce que « relavant désormais de la fiscalité ».

Mais, les services des Finances se heurtent à un obstacle : « Il n’y a pas de factures émises qui permettent aux opérateurs de payer », d’après nos informateurs. Cette situation est due notamment à la longue absence du directeur général à l’Artp, depuis le 7 avril dernier, date de nomination d’Abdou Karim Sall, à la tête du département de l’Environnement et du Développement durable.  

Il faut en effet préciser que l’Artp a la particularité d’être une autorité, qui a une autonomie financière et de gestion, rattachée directement à la présidence de la République. En tant qu’ordonnateur, c’est le Directeur général qui engage les dépenses par acte, contrat ou marché, fait tenir la compétitivité des dépenses engagées, liquide et constate les dépenses et les recettes de l’Artp et délivre à l’agent comptable, les ordres de paiement et les titres de recettes correspondants.

Selon toujours certaines indiscrétions, des agents de la boite refusent, pour l’instant, d’obtempérer sur la base des recettes de l’année dernière contrairement à la volonté de la tutelle. «Cela risquerait de perturber le fonctionnement de l’Atrp. Nous sommes inquiétés par cette situation », alerte une source.

Cet état de fait, d’après beaucoup d’observateurs, est lié à la supposée tension budgétaire pourtant niée par le ministère des Finances.

On se souvient dernièrement de l’augmentation des frais douaniers sur les conteneurs ayant créé une levée de boucliers de la part des commerçants, des transitaires et opérateurs économiques concernés. Cette hausse estimée à plus 166% sur la grille tarifaire, les importateurs de marchandises est imposée par les dispositions prises par la Direction générale des douanes et qui sont entrées en vigueur le 11 juin dernier.