Système bancaire, microfinance : La BCEAO note « une bonne résilience des » …

Malgré les impacts de la pandémie de Covid-19 sur l’économie sénégalaise, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest note « une bonne résilience des établissements de crédit » face à la Covid-19 pour ce qui relève du système bancaire et la microfinance. C’est du moins ce qui ressort de la trentième réunion tenue ce jeudi 17 décembre 2020, par visioconférence, par le Conseil national du crédit (CNC) du Sénégal. Ce, sous la présidence de Moussa Touré, Directeur de la Monnaie et du Crédit, membre du Comité de politique monétaire (CPM) de la BCEAO, représentant le  ministre des Finances et du Budget et président statutaire du CNC.

D’emblée, le Conseil déclare avoir pris connaissance de la situation récente du système bancaire et du secteur de la microfinance, marquée par une bonne résilience des établissements de crédit face aux impacts induits par la pandémie de la Covid-19 sur l’activité économique. En revanche, les institutions de microfinance, en dépit d’indicateurs de crédit rassurants, se caractérisent par une forte sensibilité à l’impact de la pandémie, relève le CNC dans un communiqué parvenu à Seneweb.

Le Conseil de relever également que le financement des activités économiques s’est relativement bien maintenu, principalement au profit du secteur public, en liaison avec les mesures de soutien prises par la BCEAO et les Autorités nationales pour atténuer l’impact de la décélération de la croissance économique sur la clientèle du secteur financier.

Et d’indiquer que, comparativement à fin décembre 2019, « les emplois des établissements de crédit ont progressé de 8,2% à fin octobre 2020 et ceux des institutions de microfinance stagné à fin septembre 2020. Sur le plan prudentiel, souligne le même document, le Conseil a noté un impact maîtrisé de la crise sur la conformité, aux normes fixées, des établissements bancaires assujettis et des institutions de microfinance de grande taille ».

Au regard de cette situation et des incertitudes marquées quant à l’évolution de la pandémie COVID-19 ainsi que des risques à la baisse pesant sur l’activité économique, le Conseil « a recommandé qu’une attention particulière soit accordée, dans les politiques publiques, à la levée des contraintes pouvant entraver les capacités de financement de la relance économique par les établissements de crédit et les institutions de microfinance », ajoute la même source.

En particulier, le CNC a souligné la nécessité d’accélérer les réformes structurelles, notamment en matière de résolution des contentieux commerciaux, à même de garantir la consolidation du climat des affaires dans les relations entre le secteur financier et sa clientèle.

En outre, il a examiné les conditions de démarrage de la campagne de commercialisation agricole 2020-2021, présentées par La Banque Agricole (LBA). A ce sujet, il a fait part de ses préoccupations, relativement aux informations faisant état de contraintes auxquelles sont confrontées les unités industrielles de transformation des arachides pour collecter des quantités suffisantes de graines. A cet égard, le Conseil a réitéré ses recommandations, au titre des politiques publiques, afin que la réflexion soit approfondie au sujet d’une fiabilité accrue des estimations de production agricole, du modèle économique de la filière arachidière et de la mise à la disposition de La Banque Agricole (LBA) de moyens adéquats pour le financement de la diversification de la production agricole.

LE CNC dit avoir été informé de la décision prise par le Comité de Politique Monétaire de la BCEAO, lors de sa réunion trimestrielle tenue le 02 décembre 2020, de « maintenir inchangés le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité à 2,00% et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal à 4,00%, niveaux en vigueur depuis le 24 juin 2020. Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union demeure inchangé à 3,0%. Le Conseil a pris bonne note des résultats du cadrage macroéconomique des années 2021 et 2022 du Sénégal élaboré par la BCEAO. Lesquels résultats, font ressortir des taux de croissance projetés respectivement à 5,2% et 6,7%, après -0,7% en 2020 ».

Pour ce qui est du taux d’inflation, il serait contenu en dessous de sa cible, renseigne-t-on. Quant au solde des transactions courantes de la balance des paiements, il devrait se dégrader sur la période de projection, en lien principalement avec l’exécution des dépenses de développement de projets d’exploration et d’exploitation aurifère et d’hydrocarbures.

Enfin, dans ce contexte, les crédits à l’économie devraient rebondir en 2021 et 2022, après une forte baisse de leur taux de progression en 2020, conclut le Conseil qui a arrêté son programme d’activités au titre de l’année 2021.