Surveiller les eaux usées pour éviter un reconfinement ?

Pour éviter un reconfinement pendant l’été, l’Académie nationale de médecine recommande de ne pas laisser tomber les mesures barrière trop vite. Et suggère la mise en place d’une surveillance des eaux usées pour traquer le coronavirus.

La pandémie de coronavirus est-elle dans une nouvelle phase d’accélération ? En Allemagne, 600 000 personnes viennent d’être reconfinées suite à l’apparition d’un important foyer de contamination dans le plus grand abattoir d’Europe. Au Portugal, le confinement vient d’être rétabli dans une partie de la ville de Lisbonne. Ce contexte inquiétant, jumelé aux signes de relâchement général de la population française face aux mesures barrière, fait craindre à l’Académie de médecine l’apparition d’une reprise locale de l’épidémie.
Sur le même sujet
L’épidémie de coronarovirus chinois se propage très rapidement
DIRECT. Covid-19 en France ce 29 juin : bilan, chiffres, clusters

Aussi, pour éviter le scénario inquiétant d’un reconfinement pendant l’été, l’Académie nationale de médecine vient elle de faire des propositions.
Comment éviter le reconfinement ?

Intensifier les dépistages dans les collectivités à risque : entreprises, établissements de santé, abattoirs, hébergements de personnes en situation de précarité… « en exploitant au maximum les ressources actuellement disponibles pour le dépistage par RT-PCR ».

Faire appel au sens des responsabilités, afin de maintenir le respect des mesures barrière et le port du masque, même pendant les mois d’été. En menant notamment une campagne d’information auprès des jeunes, pour leur rappeler qu’en se protégeant, ils protègent leur entourage.

Mais aussi renforcer la surveillance épidémiologique sur l’ensemble du territoire par la mise en oeuvre d’un programme de contrôle des eaux usées « destiné à localiser les collectivités entretenant une circulation du Sars-CoV-2 ».
Surveiller les eaux usées pour suivre le coronavirus à la trace

L’idée peut surprendre, pourtant type de surveillance a été adopté dès le début du mois d’avril par une douzaine de groupes de recherches dans le monde, qui ont commencé à analyser les eaux usées comme un moyen d’estimer le nombre total d’infections au Covid-19 dans une communauté, comme le rapporte la revue Nature.

L’analyse des eaux usées est en effet un bon moyen pour les chercheurs de suivre les maladies infectieuses qui sont excrétées dans l’urine ou les fèces, dont le coronavirus. Cette analyse peut mettre en évidence la présence du Sars-CoV-2, même en l’absence de signes et de symptômes majeurs.

« La surveillance de routine des eaux usées pourrait être utilisée comme un outil d’alerte précoce non invasif pour alerter les communautés sur les nouvelles infections à COVID-19 », explique Ana Maria de Roda Husman, chercheuse en maladies infectieuses à l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement. Cet institut a déjà surveillé les eaux usées pour suivre l’évolution des cas de rougeole. Le suivi des particules virales dans les eaux usées pourrait donner aux autorités sanitaires une longueur d’avance sur l’épidémie et leur permettre de placer une communauté en quatorzaine avant de décréter le reconfinement d’une part de population plus importante.

A lire aussi :

Coronavirus : peut-on se baigner sans risque en piscine ?
Coronavirus : peut-on utiliser la climatisation sans risque ?
Coronavirus et enfants : ce que l'on sait

Inscrivez-vous à la Newsletter Top Santé et recevez gratuitement votre livret de recettes légères et gourmandes