Sine-Saloum : La DER débloque plus d’un milliard pour financer et structurer la filière Sel

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) poursuit sa mission de deux jours (les 2 et 3 juillet 2020) dans le Sine-Saloum (centre du Sénégal) auprès des producteurs de Sel. Après Kaffrine, elle a fait cap sur Kaolack puis Fatick. Ici également, le Délégué général de la DER, accompagné de son équipe, a rencontré les producteurs et visité plusieurs sites de production et de stockage de l’or blanc.
Moderniser davantage la production artisanale
A Kaolack, Papa Amadou Sarr, après un entretien avec le Gouverneur de la région, s’est rendu à Gamboul (commune de Thiomby) et à Sagne Bambara. Le site de production et de stockage de Sel de Gamboul s’étend sur une superficie de près de 30 hectares et a une capacité de production estimée à 5 000 tonnes par an, selon le vice-président de la coopérative des producteurs de Sel de la région, Adama Samb.
Pour la région de Fatick, Papa Amadou Sarr, accompagné de Madame le Gouverneur de la région, a, tour à tour, visité Sel Sine industrie, et les sites de production et de stockage de Mbellacadiao (Diakhao) et Faoye (Sud de Fatick). Ici, comme à Kaffrine et Kaolack, des femmes et des jeunes s’activaient individuellement ou en famille dans la filière Sel depuis la naissance. En effet, c’est dans la production artisanale et la vente de cet or blanc qu’ils gagnent leur pain quotidien avec fierté, malgré les conditions pénibles dans lesquelles ils travaillent à longueur de journée. A cela, s’ajoute le manque de financement et d’accompagnement pour la plupart d’entre eux.
Ainsi, la production reste toujours à son niveau le plus bas : il y a un manque de qualité, d’hygiène et le Sel n’atteint jamais la phase de maturité et de cristallisation car, la majeur partie des producteurs n’a pas une autonomie financière pour prendre en compte tous ces facteurs. Ce qui fait qu’il y a souvent des invendus de part et d’autres, et le désintéressement de certaines industries installées au Sénégal et qui utilisent le Sel comme matière première. C’est seulement des étrangers et certains particuliers qui achètent le Sel Sénégalais.
C’est pourquoi, la DER avait décidé de financer et d’accompagner cette filière qui constitue la deuxième activité économique principale de ces trois régions après l’agriculture. Ainsi, depuis 2019, elle est entrée dans la danse.
Pour mieux les accompagner, la DER a d’abord organisé ces femmes et jeunes producteurs de Sel en Groupements d’intérêt économique (Gie) au niveau de chaque région afin de les formaliser. Et dans chaque région (Fatick, Kaolack et Kaffrine), elle a regroupé ces Gie dans une coopérative régionale.
La DER a ensuite octroyé des financements à chaque Gie pour qu’il puisse, non seulement, acheter du matériel et aménager plus de champs de production de Sel mais aussi, avoir une autonomie financière durant tout le temps de la production et la fermentation du Sel. Aussi, elle a financé chaque coopérative régionale afin qu’elle puissent à son tour acheter la production de ses membres (Gie).
Sur le plan de l’accompagnement, la DER a financé chaque Gie pour acquérir du matériel roulant, entre autres. Elle est en train de travailler également avec des industriels comme : Patisen et Senico. Ce, pour qu’ils viennent acheter la production de Sel qui se fait au niveau de la zone.
Plus de 1 milliard dégagé pour les trois régions
Selon Papa Amadou Sarr, cette année, la DER a dégagé une enveloppe de 1 milliards 200 millions de francs Cfa pour la filière Sel entre les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine et 500 millions ont été déjà décaissés au profit des femmes et des jeunes producteurs de Sel regroupés en Gie et en coopérative. Il s’agit, de financements qui, pour lui, ont permis aux bénéficiaires d’avoir des fonds de roulement pour acheter des motos-pompes et du carburant pour aménager des bassins de production de Sel mais aussi, de vivre au bout de quelques mois afin de laisser le Sel se cristalliser et avoir une production de qualité.
Au cours de ces visites, les producteurs de Sel ont profité de l’occasion pour poser quelques doléances au Délégué général de la DER. Il s’agit notamment, des besoins en tricycles, camion et autres logistiques nécessaires dans la récolte et le transport du Sel vers les points de stockage, qui sont parfois très éloignés des sites de production.
Et par rapport à ces doléances légitimes, Papa Amadou Sarr a rassuré que son institution publique de financement a prévu dans son plan d’investissement l’acquisition d’un camion de 60 tonnes pour chaque région. Elle a, en outre, prévu des tricycles et des fourgonnettes pour mieux les aider dans leur travail.
Objectif, «structurer toute la filière» au profit des producteurs
Pour Papa Amadou Sarr, l’objectif principal de la DER, dans le cadre de ce programme pour le Sel, est de «structurer toute la filière Sel afin de produire du Sel de qualité et en quantité (environ 50 à 100 000 tonnes par an dans toute la zone) qui sera traité et raffiné sur place, utilisé et consommé au Sénégal par les populations et les industriels. Il s’agit aussi de structurer pour créer de la valeur ajoutée, de l’emploi et de permettre aux populations du Sine-Saloum de mieux vivre de cet or blanc».
Objectif, injecter 2 à 3 milliards dans la filière, chaque année
En termes de perspective, le Délégué général annonce que la DER envisage d’injecter une enveloppe financière de 2 à 3 milliards de francs Cfa dans la filière Sel, chaque année.