Les signes et signaux d’une impuissance politique

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Chez les quatre candidats de l’opposition et leurs alliés, la sérénité s’assèche, se dessèche pour céder à la nervosité et à l’énervement, au fur et à mesure que l’on s’achemine vers le jour fatidique, celui-là qui consacrera la puissance de l’électeur sénégalais. Cet électeur averti et avisé. Les enflures verbales, les gesticulations oratoires et les enfumages rhétoriciens ne l’ont jamais détourné à faire prévaloir le vote utile. En vérité, le maître du jeu, c’est lui. Son arme, sa carte. Ce n’est pas le pyromane. Avec sa boite d’allumettes. Il sait dans l’urne juger et jauger. Peser et soupeser.

Plus d’une semaine de campagne électorale, le moins que l’on puisse constater et que l’on ne peut contester, à moins d’une mauvaise foi ou d’une cécité politique, est que la figure de force dominante par la mobilisation populaire et l’épaisseur du discours reste le Président Macky Sall porté par la plus large, la plus solide et la plus cohérente coalition :Benno Bokk Yaakar.

Voilà un candidat qui a pu, à chaque étape de sa campagne, dans n’importe quel coin ou recoin du pays, pointer du doigt ses réalisations pratiquement dans tous les secteurs grâce au Plan Sénégal Emergent (PSE). De quoi rendre plus crédible son offre politique avec encore de nouveaux chantiers en perspective. Elle a plus de répondant et de consistance. Une offre politique qui peut facilement être jugée à la lumière des faits indiscutables. Tout le contraire en ce qui concerne les quatre autres apôtres qui n’ont comme offre politique qu’un amas souvent confus et brouillon de promesses mirobolantes ou de pâles copies du programme du Président Macky Sall.

OYEZ-LES DONC !

Oyez-les donc ! El Hadj Issa Sall du PUR préconise un désenclavement de la Casamance et la valorisation des produis locaux. Ne vous dilatez pas la rate ! Vous avez dit désenclavement de la Casamance et promotion des produits locaux ? Le bilan du Président Macky Sall, sur ce plan, ne souffre d’aucune comparaison. Peut-être que Monsieur Sall et sa caravane ont traversé le fleuve Gambie à la nage pour se rendre en Casamance. Le pont de la Sénégambie est à lui seul une illustration d’une ambition concrétisée de désenclaver la région du Sud. Ne parlons même pas des investissements colossaux qui y ont été effectués depuis sept ans au point que des villages autrefois abandonnés se sont aujourd’hui repeuplés.

Me Madické Niang promet un retour de la paix en Casamance. Waaw, voilà un Copernic de la paix dans la région du Sud ! Il a vu une région en guerre, celui-là ? Des canons qui tonnent ? Des Kalachnikovs qui crépitent ? Même les observateurs les moins avertis savent que la Casamance, comparativement, au climat d’antan, a retrouvé le chemin de la paix.

Idrissa Seck, tout Premier ministre qu’il fut, promet de faire de Tamba, un carrefour de développement industriel et de reconstruire le chemin de fer. Qu’a-t-il de nouveau sous le ciel des promesses ? Le Président Macky Sall a placé la phase II du PSE sous le sceau de l’industrialisation avec entre autres perspectives de faire de la région du Sénégal Oriental, un hub ferroviaire. Sans compter l’ouverture récente du Marché central aux poissons et une gare de gros porteurs. Idrissa Seck promet de réformer. Peut-il le faire si la majorité des Sénégalais se méfient de lui, de ses saillies verbales comme sur Mekka et Bekka, ou de ses vire-voltages confessionnels ?

Ousmane Sonko, lui, à Mbour, en est encore à la promesse de la réhabilitation du tourisme. Un martien à Saly ? Déjà, le 30 octobre 2017, à l’issue d’un Conseil des ministres, le Président Macky Sall rappelait au Gouvernement l’impérieuse nécessité de « poursuivre sans relâche, l’exécution des mesures hardies de soutien aux acteurs et structures du secteur et de promotion de la destination Sénégal». Il lui indiquait «l’impératif de hâter la réhabilitation des zones touristiques du Saly Portudal et du Cap Skirring, ainsi que l’aménagement des nouveaux sites de Joal Finio, Pointe Sarène, îles du Saloum». Depuis, cette zone touristique est en train de retrouver son lustre.

A part quelques incursions dans le PSE ou des esquifs de perspectives déjà en deçà des ambitions déjà déclinées, cette séquence de la campagne électorale aura été marquée chez les quatre candidats, par des discours sur le Président Macky Sall au lieu d’être orientés vers les attentes des Sénégalais. Le tout sur un air usé, râpé sur toutes les aspérités d’accusations fumeuses, de suspicions sur le fichier.

LE CAS SONKO

Pour le reste, nos quatre candidats sont exemplaires dans les contradictions, les revirements et les camouflages. Au lieu de parler aux Sénégalais, ils choisissent le raccourci électoral le plus facile : parler du Président Macky Sall. Il est leur thème et leur thématique de campagne. Ce sont les signaux et les signes d’une impuissance politique. Le cas le plus emblématique sur ce registre est Ousmane Sonko.

Voilà un candidat qui fait preuve d’une déroutante frivolité politique. L’apôtre de l’antisystème flirte avec le Système. Et quand on lui fait remarquer, que sert-il comme argumentaire ? Le Système, ce ne sont pas les hommes. Ainsi donc, pour Sonko, le Système est désincarné. Il fonctionne et se reproduit tout seul, comme sous l’effet d’une baguette magique. A moins qu’il soit le produit de la providence. Ousmane Sonko, depuis la révélation ratée sur les 94 milliards, s’est installé dans l’instabilité non seulement politique mais psychologique sur fond de faux-fuyants enrobés dans des postures victimaires aussi légères qu’un duvet.

Avec lui, Tartuffe est ressuscité. En réalité, Ousmane Sonko est produit du Système qu’il n’a jamais quitté. Il a fallu l’arrivée de Me Wade, incarnation crépusculaire du Système auprès de qui il s’est précipité en courbettes honteuses pour qu’on se rende compte qu’il y avait bien en lui l’âme d’un héritier…du Système. Cette arrivée a réveillé l’enfoui de son amour pour le Système. Ainsi, la suspension de sa campagne électorale pour une trépidante reptation vers le Président Wade a détruit sa magie du verbe, que dis-je, du verbiage, sur son incarnation de l’antisystème.

Un constat valable pour Sonko comme pour les autres : plus la campagne électorale avance, plus ils parlent, plus peu de Sénégalais les prennent maintenant au sérieux. Ça s’appelle le discrédit. Un venin très mortel pour un homme politique. La gouaille patriotique enrobé de populisme et de messianisme, ça ne fonctionne pas en période électorale. L’emballage n’est pas séduisant.

L’appel désolant de l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye à une violence en cas de victoire du Président Macky Sall, celui-là même qui l’avait choisi comme chef de son premier gouvernement alors même qu’il n’avait aucun mérite dans aucune lutte du mouvement national, démocratique et républicain est tout simplement pathétique. Révulsant ! Mais on peut, en convoquant Sigmund Freud, le comprendre. C’est pour expulser de sa mémoire tragique et traumatisée, les violences verbales qu’il avait naguère servies à ses alliés d’aujourd’hui. Qui ne se souvient pas des réquisitoires acerbes, de ses pamphlets assassins aux députés et responsables du Pds lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale ?

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