Séoul/Tokyo : Quand le protectionnisme nippon compromet …

Tokyo a mis exécution ses menaces contre Séoul. La Corée du Sud s’est vue retirée de la liste blanche des vingt-sept pays « partenaires de confiance » par le Japon. Ce qui risque d’avoir des retentissements économiques d’autant plus que la décision pourra affecter toute la chaine d’approvisionnement des circuits électroniques, voire  l’augmentation des produits affectés.
Du côté de la péninsule coréenne, l’on tient le Japon comme le seul responsable des éventuelles représailles qui pourront surgir de cette violation flagrante du pacte relatif à la coopération bilatérale qui prévaut entre les deux pays depuis 1965. Ce qui traduit d’une part que le contrôle des exportations sera beaucoup plus vigoureux en ce sens que les firmes sud-coréennes devront effectuer de lourdes démarches administratives pour l’obtention d’une licence d’exploitation au Japon.



Pourtant des actions de médiation menées par les États-Unis -allié des deux camps et ennemi juré de la Chine-  ont été enclenchées de part et d’autre. L’instance de régulation du commerce international (OMC) sera certainement mise à contribution pour tenter de sauver les meubles et rétablir les liens historiques qui lient Séoul à Tokyo. Mais le résultat de ces négociations n’a pas été fructueux et a permis à la partie nippone de camper sur sa position concernant le retrait pur et simple de la Corée du Sud des pays bénéficiant d’un  privilège commercial.



Les affres de la période de colonisation durant la seconde guerre mondiale avec notamment la  décision judiciaire de la cour suprême sud-coréenne condamnant Nippon Steel & Sumitomo Metal d’avoir exploité des travailleurs coréens,  corrélées à la restriction au mois dernier des exportations de produits chimiques de base nécessaires à la production de semi-conducteurs et d’écrans, sont venues envenimer la situation.



Considérant la décision nippone d’arbitraire et unilatérale, voire une insulte, la Corée du Sud a réagi en retirant à son tour le Japon des partenaires commerciaux privilégiés. Rappelons juste que la Corée du Sud est le troisième partenaire commercial mondial du Japon avec 47,2 milliards d’euros de produits exportés à son actif au cours de l’année 2018.



En attendant que la loi révisée entre en vigueur le 28 août, le jeu de la carte diplomatique pourrait prévaloir avec le recours du système de médiation tant prôné par la péninsule coréenne, avant de donner suite à la plainte évoquée par le ministre sud-coréen des affaires étrangères, Monsieur Hong Nam-KI auprès de l’Organisation mondiale du commerce : une nouvelle tournure géopolitique pourrait se redessiner dans cette partie de l’Asie de l’Est.