Sénégal : la malédiction des ressources naturelles relèvent moins de la fatalité que …

Depuis les découvertes d’hydrocarbures réalisées au Sénégal pour la première fois en août 2014, les langues se sont déliées pour alerter l’opinion (politiques, société civile et religieux) sur une éventuelle malédiction, craignant les conflits et troubles que l’or noir a causé dans certains pays d’Afrique.

Devant être la richesse qui peut propulser les pays producteurs au sommet du développement, le pétrole est toujours réputé être en Afrique, source de malédiction. Il importe dès lors de voir dans quelles mesures les ressources naturelles en général et particulièrement le pétrole peuvent être sources de malédiction.
Mal gouvernance
L’Afrique a toujours souffert de mal gouvernance au sommet des Etats à qui le peuple confie la gestion des affaires et biens publics. La découverte de ressources naturelles dans certains pays a suscité l’espoir chez les peuples longtemps accablés par la pauvreté. Hélas, cet espoir se transforme très vite en souffrance interminable, du seul fait de la mauvaise gestion que les gouvernants font souvent des ressources du peuple. Par ailleurs, une partie des recettes fiscales est utilisée pour des dépenses improductives, le gonflement d’une administration pléthorique et des subventions qui ne donnent pas toujours les bons signaux économiques.
Corruption
La géopolitique et l’économie des pays exportateurs de pétrole sont très directement associées à l’argent du pétrole que se partagent tous les acteurs économiques, politiques, administratifs qui participent, directement ou indirectement, à l’exploitation des richesses du sous-sol. Au Sénégal, la découverte des ressources naturelles a suscité beaucoup de tensions dans le pays à la suite du scandale à 10 milliards de dollars dans lequel le frère du président de la république sénégalaise, Aliou Sall serait empêtré. Beaucoup de révélations de malversation dans la gestion des ressources naturelles notamment du fer de la Falémé (sud-est du Sénégal), l’or du Sabodola (Sud du Sénégal), le zircon de la Casamance (dans le sud) ont été faites. Des richesses naturelles dont semblent bénéficier des promoteurs étrangers avec la complicité des dirigeants africains qui reçoivent d’importants pots de vin au détriment des peuples véritables propriétaires de ces ressources.
Impunité
« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais elle a besoin d’institutions fortes » disait l’ex président américain Barack Obama. L’autre mal dont souffre l’Afrique est vraisemblablement le scénario constant d’un appareil judiciaire sous la solde d’un exécutif détenant tous les pouvoirs. Une situation qui installe de prime abord une impunité qui autorise les Etats à abuser des richesses du peuple.
C’en est assez, il faut que cela cesse !