Scandale pétrogaz et appel à témoins : «Ce n’est pas une enquête …

«A la Division des investigations criminelles, nous avons donné des instructions aux fins de mener une enquête complète et approfondie sur la réalité ou non de ces accusations  de malversations…», a révélé Serigne Bassirou Guèye. Avant d’inviter «tous les sachants qui détiennent des informations, à se rapprocher de la Dic, pour éclairer les Sénégalais».

Une sorte «d’appel à témoins» qui se justifie, mais qu’il faut encadrer, aux yeux du commissaire Cheikhna Keïta, contacté par «Seneweb».

«Il y a beaucoup  d’acteurs qui sont impliqués dans cette affaire, non pas seulement du fait de leurs prises de position, mais du fait de leur prétention à avoir joué un certain rôle dans le déclenchement de cette affaire et de l’impression qu’ils donnent de détenir des secrets. Pour ne pas troubler l’enquête, en les isolant, il faut les appeler à participer. Il ne faut pas qu’ils croient que ce qu’ils diront sera, ce qui fera l’enquête. Ce qui fera l’enquête, c’est  qu’est-ce qu’on reproche à une telle personne, quelles sont les preuves, etc. Ce n’est pas une enquête folklorique où les gens viennent dire ce qu’ils veulent. Mais qu’ils s’attendent à être reçus dans les conditions de gestion technique d’une enquête judiciaire, pas dans celles d’un reportage qui peut être un fourre-tout où chacun verse ce qu’il veut», avertit le spécialiste.

Une approche qui participe de la crédibilisation de l’enquête, «car le fait qu’ils soient présents dans l’enquête est une manière de faire comprendre aux gens que c’est une enquête objective», explique l’ancien directeur de l’Office central pour les répressions du trafic illicite des stupéfiants  (Ocrtis).

La conviction de Cheikhna Keïta est faite. Le fait qu’Aliou Sall, frère du chef de l’Etat, par ailleurs Directeur général de la Caisse de dépôts et consignations, soit cité dans cette affaire, «ne constitue pas une entrave à l’enquête». «Il n’y a pas de rapport entre les fonctions d’Aliou Sall et la situation dans laquelle il est interpellé. Je ne pense pas qu’il soit contraint de démissionner. Mais c’est à lui de voir comment contribuer à calmer le jeu. Et cette démarche serait plutôt politique», tranche notre interlocuteur.

Toutes choses qui renseignent, à suffisance, sur la complexité de l’information judiciaire confiée à la Dic. Cela présage-t-il une enquête de longue durée ?

«Ça peut prendre quelques mois, mais je ne pense pas que l’enquête dure un ou deux ans. Mais, précise le commissaire Keïta, ce ne sera pas une enquête facile.  Parce que beaucoup de choses ont été dites qu’il faut dépoussiérer pour être dans l’axe véritable des faits et ensuite avancer de sorte à pouvoir dire : voilà le point de vue de la justice qui se dégage d’une enquête menée de bout en bout».

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