Royaume-Uni : cité dans l’affaire Epstein, le prince Andrew se met en retrait

Éclaboussé par l’affaire Epstein, l’un des plus gros scandales sexuels de ces dernières années, le prince Andrew, frère du prince Charles, a annoncé mercredi qu’il se retirait de la vie publique pour protéger la famille royale britannique.

Le prince Andrew, deuxième fils de la reine Elizabeth—II, pris dans la tourmente de l’affaire Jeffrey Epstein, a mis fin mercredi 20—novembre à ses fonctions officielles en invoquant les torts causés à la famille royale britannique.

Le duc d’York fait la une des journaux depuis une longue et calamiteuse interview télévisée sur ses relations avec le financier américain Jeffrey Epstein, qui était accusé d’avoir exploité sexuellement des jeunes filles mineures des années durant et s’est suicidé en prison. Le prince de 59—ans s’est vu notamment reprocher de ne pas avoir pris ses distances avec lui, et de ne pas avoir exprimé d’empathie pour les victimes présumées. Il nie par ailleurs avoir eu une relation sexuelle avec une jeune fille de 17—ans que lui aurait présentée le milliardaire américain.

Dans un communiqué de Buckingham Palace, le frère du prince Charles fait état du « désordre majeur » que provoque la controverse pour la famille royale et les œuvres caritatives qui lui sont rattachées. « En conséquence, j’ai demandé à Sa Majesté la possibilité de me mettre en retrait de mes fonctions officielles à brève échéance et elle m’a donné sa permission », est-il écrit.

Prêt à coopérer à l’enquête

Il a ajouté « continuer de regretter sans équivoque (son) association malavisée avec Jeffrey Epstein » et « compatir profondément avec toutes les personnes affectées » par l’affaire. Il se dit « bien sûr » prêt à coopérer à l’enquête.

« C’est une crise pour la famille royale, analyse Bénédicte Paviot, correspondante de France—24 à Londres. La reine était sans reproche pour la majeure partie de sa vie. Et voici le prince Andrew qui fait la une des journaux pour toutes les raisons qu’il ne faudrait pas. »

Mardi, la banque Standard Chartered et le cabinet de conseil et d’audit KPMG avaient annoncé qu’ils cesseraient de sponsoriser l’association du prince, Pitch@Palace, qui aide des entrepreneurs et des start-up. Mercredi, le géant britannique des télécoms BT a emboîté le pas, indiquant qu’il allait cesser de soutenir un programme de financement d’apprentissage du numérique, iDEA, si le prince Andrew en restait le parrain.

Trois universités australiennes, la Bond University de Queensland et les universités Murdoch et RMIT de Melbourne, ont aussi annoncé mettre un terme à leur collaboration avec Pitch@Palace, entre autres.

Irruption dans la campagne pour les législatives

Une litanie d’autres institutions, dont la banque Barclays ou le géant pharmaceutique AstraZeneca, avaient aussi dit envisager de couper les ponts avec le prince. L’université métropolitaine de Londres a dit qu’elle pourrait lui retirer son titre de parrain et des étudiants de celle de Huddersfield, dans le nord de l’Angleterre, ont voté une motion contre lui, estimant qu’il est « tout à fait impropre à les représenter » en tant que parrain.

Les agissements de l’héritier se sont même invités dans la campagne en vue des élections législatives du 12—décembre—: le chef de file travailliste Jeremy Corbyn juge qu’il reste des zones d’ombre à éclaircir, tandis que le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, considère que la famille royale est « au-dessus de tout soupçon ».