Regroupement familial en France : Le calvaire des Sénégalais demandeurs de visa

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Les Sénégalais demandeurs de visa de regroupement familial en France vivent un véritable calvaire. Non seulement les délais d’attente sont trop longs, mais cela a des conséquences à la fois sur l’éducation des enfants et la carrière des concernés à l’étranger.

Avoir un visa pour le regroupement familial en France est un vrai parcours du combattant. Face à une attente interminable, le Collectif des demandeurs sénégalais(e)s de regroupement familial alerte sur un délai qu’il trouve long, notamment entre le dépôt de visa et la visite médicale. « Un très grand nombre de demandes de visa pour regroupement familial a été soumis au cours de l’anne?e 2021 sans compter celles de 2020, qui sont toujours en cours d’instruction. Nous trouvons le délai de traitement de nos dossiers anormalement trop long sans compter le temps de traitement de la demande au niveau de l’OFII qui peut prendre plus d’un an pour les personnes qui habitent en île de France », regrette le collectif à travers un communiqué parvenu à Seneweb.
Le collectif dénonce ce qu’il considère comme « une insouciance des autorités consulaires françaises a? Dakar » et qui « engendre beaucoup de souffrance au s**n des familles séparées ». En guise d’exemple, ces demandeurs soulignent que des parents n’assistent pas a? la naissance de leurs enfants et n’ont pas l’occasion de les éduquer comme ils l’auraient souhaité « a? cause de cette douloureuse séparation ».
Il y a aussi des tensions familiales qui naissent au s**n des couples, parce que des décisions familiales doivent être prises  séparément par les époux. « Des grand-mères s’essoufflent et ne peuvent plus prendre en charge des enfants qui grandissent. Les familles au pays ne comprennent pas, mettent en doute la réalité ? des de?marches de regroupement familial », se désole le collectif.
En même temps, ceux qui vivent en France et qui attendent l’arrivée des autres membres de la famille, se retrouvent bloqués dans l’évolution de sa vie. « Il ne peut pas changer d’appartement, ni changer de travail au risque de devoir recommencer toute la démarche de regroupement. Nous assistons et subissons toute cette souffrance, qui nous oblige à mettre entre parenthèses nos projets de couple », se plaignent les demandeurs.
Ainsi, face à des dossiers ‘’qui traînent », la situation devient de plus en plus stressante et pre?occupante. Inutile de dire dans ces conditions que la situation est très compliquée pour les concernés. Surtout que la procédure, en plus d’être longue, prend plus de temps que dans certains pays. « Les traitements des demandes de visa par le consulat de France a? Dakar respectent des de?lais (6 a? 8 mois) extrêmement e?leve?s par rapport a? ceux d’autres pays comme l’Alge?rie (moins d’1 mois). Ce de?lai est juste pour nous incompre?hensible, car très long pour proce?der aux authentifications des états civils alors que la convention franco-sénégalaise de coopération en matière judiciaire signée à Paris le 29 mars 1974 précise dans son article 35 que : Sont admis sans légalisation sur les territoires respectifs de la République française et de la République du Sénégal les documents suivants établis par les autorités de chacun des deux États : – les expe?ditions des actes de l’e?tat civil tels qu’ils sont e?nume?re?s a? l’article 34 ; – les expéditions des décisions, ordonnances, jugements, arrêts et autres actes judiciaires des tribunaux français et sénégalais ; (…) – et d’une manière ge?ne?rale, tous documents qui e?manent des autorite?s judiciaires ou d’autres autorite?s compe?tentes de l’un des deux États dans la mesure où sa le?gislation ne s’y oppose pas ».
D’après le collectif, la convention entre les deux pays précise que ces documents sont admis légaux quand ils sont revêtus de la signature et du sceau officiel de l’autorite? ayant qualite? pour les de?livrer, et s’il s’agit d’expe?dition, être certifie?s conformes a? l’original par ladite autorite?. En tout e?tat de cause, ils seront établis matériellement de manière à faire apparaître leur authenticité. « Au regard de cette disposition, on peut conclure que les autorités consulaires françaises ont du mal à respecter cette convention et éventuellement admettre conforme les documents remis par les demandeurs de visa de regroupement familial».
Outre la longue attente doublée d’une incertitude, il y a la rétention de document difficile à comprendre.  « Durant toute la pe?riode d’attente de de?livrance de visa -qui dure 8 mois-, les services consulaires français à Dakar gardent les passeports des demandeurs de visa de regroupement familial alors qu’ils s’agissent de documents d’identite? dont leurs propriétaires ont peut-être besoin pour d’autres motifs ou de?marches ».
Tout un ensemble de griefs qui amènent le Collectif des demandeurs de regroupement familial sénégalais à souhaiter « vivement que le nécessaire soit fait (accélération des traitements relatifs aux demandes de visas) dans les meilleurs de?lais pour qu’ils puissent avoir une vie de famille normale telle que reconnue par le principe général du droit (CE, 8/12/1978, N°10097), la constitution française dans l’article 10 du pre?ambule de la constitution du 27 octobre 1946 qui prévoit que « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur de?veloppement et a? l’article 8 de convention europe?enne des droits de l’homme ».