Problématique des talibés et enfants de la rue: « Les stratégies utilisées …

Ce dimanche, a été célébrée la journée de l’enfant africain. Au Sénégal, le Syndicat démocratique des enseignants du Sénégal n’a pas été en reste. Il a tenu une conférence publique sur la situation des enfants, notamment ceux de la rue et des talibés. Conférence animée par Falilou Ba, docteur en Sciences de l’information et de la communication, spécialiste de la question. Ce dernier a montré les limites des stratégies déployées par l’autorité publique et les Ong.

«Les stratégies utilisées ne sont pas porteuses. A chaque fois qu’on a eu à développer des stratégies, ca n’a pas donné des résultats probants. Cela, tout le monde en est conscient. La preuve, il y a un programme de retrait des enfants de la rue qui a été lancé par le gouvernement du Sénégal avec beaucoup de volonté et d’énergie, pour un budget de 141 milliards, en juin 2016. Ce jour, il n’y a que 1595 enfants qui sont retirés de la rue. Est-ce qu’ils sont même retirés de la rue?», a interrogé Dr Bâ.

Le spécialiste souligne que les organismes sociaux et publics déploient beaucoup d’argent, d’énergie et beaucoup de temps pour des stratégies qui, au finish, ne marchent pas. «Il faut qu’au Sénégal qu’on s’arrête et qu’on interroge notre démarche. Notre démarche ne marche pas», précise-t-il.

Il explique qu’au Sénégal, aujourd’hui, pour solutionner la question des enfants de la rue et des talibés, c’est souvent des «stratégies externes» qui sont utilisées. Et ces stratégies portent sur la sanction. «Or, il est démontré que les stratégies externes qui sont la  punition avec toutes les lois qui sont ratifiées, ne marchent pas. Parce que nous sommes dans un pays où on n’a pas les moyens de la politique de sanction», indique M. Bâ. Pour les organisations sociales non plus,  la persuasion ne marchent pas.

Il invite les différents acteurs à questionner leurs méthodes, à changer de paradigme et trouver des stratégies qui marchent.