Pourquoi la fonte du permafrost fait craindre l’apparition de virus ?

Le réchauffement climatique fait fondre la partie du sol gelée en permanence (permafrost) et fait craindre la libération de virus piégés dans la glace.

Le permafrost, aussi appelé pergélisol, est la partie du sol qui reste gelée en permanence, et qui l’est depuis des siècles… A cause du réchauffement climatique, le sol se réchauffe et fond jusqu’à cette couche de glace très profonde, d’autant plus que de vastes incendies se réveillent, notamment en Sibérie (où il faisait 20 degrés de plus que la normale en juin dernier). Résultat ? Le permafrost se délite et libère petit à petit tout ce qu’il contient, comme l’explique Le Parisien qui le décrit comme « une bombe à retardement virale et bactérienne ».

Ce qu’il contient, ce sont notamment des virus et bactéries, en partie encore inconnus. Alors la crainte actuelle des scientifiques, c’est que leur libération entraîne d’autres crises sanitaires comme celle du coronavirus. Un biologiste français explique au Parisien, que certains virus vieux de 30 000 ans pourraient être exhumés et garder leur pouvoir infectieux intact. Après des études menées sur la question, Jean-Michel Claverie et Chantal Abergel se sont rendus compte que le réchauffement climatique risquait même de libérer ces virus datant de l’époque de Néandertal, contre lesquels nous n’avons pas de remède.
Le permafrost met en pause les virus, toujours actifs à leur réveil

Ce scientifique explique que le permafrost a mis les bactéries en mode pause, mais qu’au contact de la lumière et de la chaleur, lorsque la glace redevient liquide, ils se réveillent et reprennent du service. Pour l’heure, comme le processus est très lent, l’oxygène de l’air parvient encore à stériliser le réveil des bactéries. Mais les scientifiques s’inquiètent du désir de grandes puissances telles que la Russie d’aller exploiter ces espaces miniers. Cela accélérerait le processus, empêchant l’oxygène de faire son travail.
De l’anthrax libéré par la fonte des glaces fait un mort

En 2016 en Sibérie, un jeune garçon de 12 ans est mort d’une infection intestinale à l’anthrax. La bactérie conservée dans le permafrost aurait été libérée par une fonte partielle de ce sol gelé, selon The Siberian Times. Le garçon de 12 ans vivait au sein d’une famille nomade dans la péninsule de Yamal, au nord de la Sibérie. Il avait été contaminé par la bactérie Bacillus anthracis, qui aurait été conservée dans le sol gelé et libérée lorsque celui-ci a fondu. L’été 2016 -où des températures exceptionnellement élevées avaient été relevées dans la péninsule du Yamal (34°C au lieu des 15°C habituellement enregistrés en cette saison)- 90 personnes avaient été hospitalisées pour une contamination à l’anthrax, révélait ce journal. Si les deux tiers d’entre eux avaient développé des formes d’anthrax cutané plus faciles à traiter, les autres souffraient de formes intestinales plus complexes.

Selon les scientifiques, bactérie aurait donc somnolé dans le permafrost depuis 1941, année de la dernière épidémie d’anthrax en Sibérie, avant d’être libérée lorsque le sol a partiellement fondu et réveillée telle un « zombie » au contact de l’air. L’anthrax a d’abord fait des victimes parmi les populations de rennes qui l’ont absorbé en broutant l’herbe ou en s’abreuvant dans les rivières. Les autorités russes avaient incinéré les 2 400 cadavres de cervidés retrouvés pour détruire la bactérie et ses spores, et limiter ainsi les risques de contamination. Elles avaient également vacciné plus de 4 500 rennes contre ce bacille.
Le retour de la variole ?

La variole, c’est un virus que l’on pensait éradiqué pour toujours. Un véritable monstre, qui a provoqué la mort de plus de 300 millions de personnes au 19ème siècle. Depuis 1980 et grâce aux campagnes de vaccination orchestrées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la variole a disparu : les dernières souches du virus sont conservées précieusement dans deux laboratoires de haute sécurité.

« Nous avons découvert des virus géants dans des dépouilles de mammouths, expliquait lors d’une conférence de presse en 2016, Viktor Maléïev, directeur adjoint de l’institut de recherche russe d’épidémiologie. Il y a des restes de variole qui datent du 19ème siècle, par exemple. » De son côté, l’épidémiologiste Arnaud Fontanet, responsable d’unité d’épistémologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, avait à l’époque tempéré : « l’anthrax et la variole ne sont pas vraiment comparables. Si le virus ressortait dans l’Arctique, il faudrait un concours de circonstances exceptionnel pour qu’elle puisse contaminer un humain ». En effet, la variole ne peut pas contaminer un animal. « De plus, il reste de très grandes quantités de vaccins conservés par l’OMS qui suffiront à protéger les populations. Le vaccin contre la variole est efficace en une dose seulement. »
Une libération de méthane 30 fois plus nocive que le dioxyde de carbone

En attendant, les experts estiment que la Russie se réchauffe en moyenne 2,5 fois plus vite que le reste du monde. Et si le dégel du sol sibérien représente un risque élevé de résurgence de maladies mortelles, ce n’est par ailleurs pas l’unique risque : lorsque le pergélisol fond, il libère de grandes quantités d’un gaz à effet de serre extrêmement nocif, le méthane. Ce dernier est 30 fois plus agressif que le dioxyde de carbone. Son action sur le climat pourrait être irrémédiable.

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