Mounirou Ndiaye : ‘’A l’université, il y a des gens qui ne travaillent pas’’

Les enseignants du supérieur vont conserver 85% de leur salaire à la retraite. Le syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a bataillé ferme pour obtenir ce résultat. Et pourtant, cet acquis n’enchante pas tous les membres de la corporation. Parmi eux, l’économiste Mounirou Ndiaye. Ce dernier a profité hier, mardi, d’une journée de partage du rapport sur le système de rémunération des agents de la Fonction publique, à la Cosydep, pour attirer l’attention sur les risques que cette pension ‘’élevée’’ peut créer dans le futur. 
‘’Les enseignants du supérieur font un peu plus de 2000 pour le moment. Ça ne pose aucun problème. Mais dans 30 ans, il y aura des universités dans les coins reculés du pays. Le jour où le nombre va atteindre 100 000 enseignants, si le dynamisme de l’économie ne la justifie pas, cette mesure va créer des problèmes’’, prévient-il. Mounirou Ndiaye dénonce ainsi le manque de vision prospective des dirigeants qui fondent toujours leurs décisions sur la réalité du moment. 
Une remarque qui n’a pas été du goût de Mamadou Youry Sall, membre du bureau national du Saes. Ce dernier qui a participé aux négociations affirme qu’en réalité, cette retraite n’est pas un cadeau de l’Etat. Il s’agit plutôt ‘’d’autofinancement’’. ‘’Nous avons augmenté notre temps de travail de 10%. Chaque année, nous offrons à l’Etat 3 000 heures de travail de plus. C’est le gouvernement qui gagne’’, déclare l’enseignant à l’UGB. Non sans préciser qu’ailleurs, les enseignants du supérieur ne vont pas à la retraite, ils sont en activité à vie. 
Des arguments qui n’ont pas convaincu Mounirou Ndiaye. Ce dernier pense qu’avant de parler de retraite, il faudrait d’avoir que tout le monde se mette à la tâche. ‘’A l’université, il y a des gens qui ne travaillent pas. J’ai été vice-directeur pendant 6 ans à l’université de Bambey. J’ai démissionné. Il y a des gens qui font 6 mois au Canada et qui viennent réunir les étudiants quelques jours et qui ensuite réclamer 85%. Certains ne mettent les pieds au Sénégal que pour déposer leur dossier pour les voyages d’étude. Il faut que les gens travaillent d’abord’’, réplique-t-il.