Menace sur le corridor Dakar-Bamako : Les Maliens « lâchent » DBF et créent leur…

À la suite de la dernière rencontre inter-États, les ministres sénégalais et maliens des Transports s’étaient engagés à accompagner la relance de l’entreprise DBF (Dakar-Bamako-Ferroviaire). Chaque État était censé débloquer 10 milliards de FCFa selon le schéma retenu. Un appui financier qui peine à se concrétiser, et une société qui a du mal à payer les salaires de ses travailleurs à la fin du mois.

Mais ce qui semble préoccuper le plus les travailleurs de DBF, c’est la décision de l’État malien de faire cavalier seul avec la création d’une société de transports de voyageurs et de marchandises à travers la Sopafer (Société du patrimoine ferroviaire du Mali).

Aujourd’hui, « Le Mali parle d’un projet de transport voyageurs et de marchandises interne sous la tutelle de la Sopafer. C’est inquiétant », confie Mambaye Tounkara qui y  voit une menace pour le corridor Dakar-Bamako. « Notre préoccupation, c’est le devenir de cette entreprise. Qu’est-ce qui va se passer après le mois de décembre, quelle est la position du Sénégal ? Le ministre malien dit qu’ils ont 10 milliards pour réhabiliter leur chemin de fer interne. Alors qu’ils s’étaient engagés avec l’État du Sénégal », s’interroge encore le secrétaire général du syndicat Sutrail affilié à la Cnts/fc et président du Cadre unitaire de l’Intersyndicale de Dakar-Bamako-Ferroviaire (Dbf).

À Bamako, les travailleurs trainent 10 mois d’arriérés de salaires. Alors qu’à Thiès, les travailleurs de DBF courent après deux mois de salaires. Mais aujourd’hui, les 2 chèques sont livrés et le paiement est en cours. « Pour les salaires du mois d’août, le chèque est livré depuis le 7 octobre. Le paiement est en cours. Il reste le salaire du mois de septembre qui sera disponible en début de semaine », annonce Mambaye Tounkara au téléphone de Seneweb. Il regrette en revanche la sortie de ses camarades, dans la presse. « Il y a un groupe de travailleurs qui, à la suite de ces retards, ont profité de l’occasion pour faire un arrêt de travail à l’insu des syndicats, pour dire que les syndicats ne s’occupent pas de leur sort. Eux, c’est des frondeurs qui ont souvent voulu saper le moral des syndicats », condamne Tounkara.

« Étant en phase avec les autorités qui nous avaient promis d’engager deux bons d’engagements qui ont été validés, dont un chèque a été livré, nous ne pouvons pas engager un bras de fer dans ces conditions là », précise-t-il. Sa préoccupation, aujourd’hui, va à la situation à DBF avec cette impossible relance tant attendue. « Aujourd’hui, l’avenir de la phase de transition est un peu critique. A la suite de la dernière rencontre du comité inter-États, les ministres des deux États s’étaient engagés à accompagner la transition à raison de 10 milliards par État », tient-il à rappeler. Malgré tout, souligne-t-il, « L’administrateur de Dbf est en train de faire tous les efforts au monde pour rendre aux cheminots leur dignité à travers la reprise de l’activité, la gestion du patrimoine et tout ce qui peut nous permettre d’avoir des ressources pour gérer la maison dans la dignité. Le pont PK378 vers Tambacounda qui était endommagé, a été réparé par l’administrateur général et ses partenaires. Il faut que les États l’accompagnent dans cette lancée. Il a des partenaires prêts à lui donner des locomotives, mais il lui manque les cautions à déposer et il faut que l’État l’appuie », invite Mambaye Tounkara.