Mariage Au Tchad : De Nouvelles Amendes Pour Les Personnes Qui Refusent Les Demandes En Mariage Font Polémique

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Mariage au Tchad : de nouvelles amendes pour les personnes qui refusent les demandes en mariage font polémique

Polémique au Tchad suite à l’instauration de nouvelles amendes pour les personnes qui refusent les demandes en mariage dans une province du nord-est du pays.


Selon les habitants, c’est le Conseil supérieur des affaires islamiques de la ville de Mangalmé qui a instauré la pratique pour encourager les jeunes à se marier sans beaucoup de dépenses et lutter contre la débauche.

« Choisis-moi »

L’amende, appelée « amchilini » qui veut dire : « choisis-moi » en arabe local, peut aller de 15,000 FCFA à 25,000 FCFA, selon la presse locale.

« C’est une pression psychologique en ce sens-là que lorsque la personne n’aura pas les moyens, elle sera obligée d’accepter. Il faut qu’on comprenne qu’aucun mariage n’est accepté en Islam lorsque la fille n’est pas consentante », dénonce Falmata Issa Mahamat Maina, membre de la Ligue tchadienne des droits des femmes.

Son association se bat pour l’annulation de cette nouvelle mesure.

La Ligue tchadienne des droits des femmes a d’ailleurs lancé le hashtag #StopAmchilini pour dénoncer cette décision, affirmant qu’elle est illégale car elle viole une loi nationale garantissant la liberté de consentement au mariage.

Aucune des autorités tchadiennes (le Ministre de la justice et la Ministre de la femme) contactées par la BBC à ce sujet n’étaient disponibles pour une demande de commentaire.

Il faut préciser également que toujours selon les règles de « Amchilini », la femme elle-même peut demander un homme de son choix en mariage.

En cas de refus, l’homme doit également payer une amende de 100.000 F CFA.

« Chaque fois que je regarde ma femme, je suis très content »
Le vice-président du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI), Cheikh Abdeldayim Abdallah, déclare que c’est une pratique qui n’a rien à voir avec la religion musulmane.

« J’ai appelé les autorités du Conseil Islamique du [province de] Guéra pour leur dire clairement que ‘Amchilini’ n’est pas une pratique religieuse musulmane », dit-il à la BBC.

« Ce que nous voulons c’est que les gens baissent le prix du mariage pour encourager les jeunes à se marier. Parce que aujourd’hui chaque fille, chaque garçon veut se marier. Mais la barrière c’est le problème de l’argent », poursuit-il.