Mame Dabakh, le sage de Diacksao parti, mais toujours présent

Il me semble très normal de commencer par cette citation de Mame Mawdo Malick pour parler de Mame Dabakhe Malick “La vie ici bas est un cadavre en putréfaction, seules les rapaces se la disputent”, car Mame Abdou durant toute sa vie s‘est toujours détaché des choses de ce monde.

Il s’était consacré exclusivement à l’adoration de Dieu conformément à la Charia et à la sunna telles q’enseignées par le prophète Mohamed. Il peut paraître certainement paradoxal le fait de parler de la vie de cet être, élu de Dieu à la dimension exceptionnelle qui par modestie n’a jamais voulu ni dans son discours, ni à travers son action faire étalage de son érudition et de l’immensité de ses dons divins.
Entre la naissance et la mort, il y’a la vie et Mame Abdou à vécu une vie qui valait la peine d’être vécue. Tout chez cet humaniste hors pair est miracle.  A sa naissance, son père El hadj Malick Sy envoya le grand savant Thierno Seydou Nourou Tall prier pour le nouveau né, A son retour Maodo lui demanda pourquoi il avait tant duré, et il fut étonné quand il lui répondît qu’il causait avec le nouveau né.
Et c’est ainsi que Mame Thierno Seydou lui révéla que Serigne Abdou , depuis le berceau lui avait confié qu’il était venu pour trois missions à savoir l’Islam , la tarikha et le raffermissement des liens de parenté qui unissent l’humanité depuis Mame Adama;

Durant sa vie cet exégète execerca le khilafa de Mawdo durant 40 ans, mais les initiés avaient déjà décelé en lui depuis le bas âge des caractères de noblesse qui le prédestinaient déjà au rang suprême de Khalifatoul Rassoul.
Durant son magistère Dabakh n’a jamais failli à sa mission ,il a prêché partout la paix et l’unité entre les citoyens quelque soit leur
appartenance.  Il avait développé des relations de respect mutuel et de confiance réciproque entre lui et le cardinal Thiandoum et l’abbe Jacques Sarr. Il avait dépassé les clivages religieux et surtout confrériques.

Combien de fois il est parti rendre visite aux chefs des autres familles religieuses ?
En atteste sa convocation en 1939 par l’autorité coloniale par ce qu’il est allé à Touba rendre visite à serigne Mouhamadou Moustapha Mbacke alors khalife général des mourides.
A la question du colon qui voulait savoir pourquoi il s’était rendu à Touba , sa réponse fut ferme et sans équivoque “Si le curé de Dakar se rend à Thiès pour s’entretenir avec le curé de cette localité est ce que vous y trouveriez à redire.”

Cette épisode de la vie de Dabakh est un exemple parfait qui montre comment le sage a exercé avec lucidité et courage la fonction de khalifatoul Islam.  A ce jour, les historiens racontent qu’il fut le dernier chef religieux à être convoqué au bureau politique à saint Louis, tellement Mame Abdou avait montré de la grandeur et de la dignité pour faire face à l’injustice avec tous les risques que cela pourrait entraîner.

L’ancien président Abdou Diouf dans ses mémoires raconte une histoire qu’il a vécu avec Mame Abdou AZiz Dabakhe. Alors que le monde rural souffrait à cause du manque de pluie , Mame Abdou lui intima l’ordre de fermer les bars , les discothèques et autres lieux de débauche avant de prier et implorer la clémence du seigneur. Il exécuta et ce jour, des pluies diluviennes se sont abattues sur toute l’étendue du territoire. Ceci, est une indication du statut de véritable saint de Mame Dabakhe, capable d’entrer en symbiose avec son créateur.

Le 14 septembre 1997 fut un jour sombre pour les sénégalais car Serigne Abdou quitta ce monde pour l’au delà . Ce jour lá même la nature s’était manifestée avec un temps hors saison comme pour dire Merci à Dabakh.

Aujourd’hui , c’est le Sénégal tout entier qui célèbre à l’ unisson Mame Abdou “l’homme des 40 ans , Zero faute” mais mon père El hadj Mansour Mbaye , fidèle disciple ,proche du sage n’est pas tout à fait d’accord.
Il dit que l’œuvre de Dabakh c’est 93 ans zéro faute, car il a toujours incarné toute sa vie durant le modèle de la créature parfaite. Aujourd’hui ,nous ne pouvons nous rappeler de Mame Abdou sans le pleurer et regretter le fait qu’il ne soit pas parmi nous en ce moment pour prêcher la bonne parole, bannir l’intolérance religieuse et prôner encore l’entente confrérique.
Nous ne cesserons de prier le bon Dieu qu’il fasse de vous le compagnon éternel du prophète Mohamed dans l’au delà!
Mame dieuredieuf.

Abdoul Aziz Mbaye
Consultant
Analyste politique