Malick Gakou : « Macky Sall c’est déjà le passé et moi j’incarne l’avenir, le demain du Sénégal »

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Le président et leader du Grand parti, Malick Gakou a invité l’opposition à une coalition autour de Me Abdoulaye Wade. Dans un entretien au quotidien L’OBServateur et dont copie nous est parvenue, il explique sa démarche et appelle l’opposition à un vaste rassemblement. Malick Gakou s’est également prononcé sur les recours introduits par l’opposition contre la modification de la loi sur le Code pénal, le Code de procédure pénale et le Code électoral en perspectives de la présidentielle de 2019 à laquelle il prévoit d’être candidat.Dans une de vos dernières sorties, vous avez invité l’opposition à une coalition autour de Me Abdoulaye Wade. Pourquoi une telle démarche politique ?
Notre pays traverse des moments difficiles certes liés à la pandémie mais surtout à cause des mauvaises politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement. C’est cela qui explique le mal-vivre généralisé des populations et leur profonde aspiration au changement. Pour sauver le Sénégal et faire amorcer à notre pays un nouveau virage vers le développement, l’opposition et les forces vives n’ont d’autre choix que de s’unir pour battre BBY dans l’essentiel des collectivités territoriales lors des élections locales du 23 janvier 2022. Il nous faut une unité inclusive et sans réserve sous le parrainage du Président Abdoulaye Wade.
N’est-ce pas là un aveu d’échec ou d’impuissance que de vouloir se ranger derrière Me Wade ?
Le Président Wade est une chance pour le Sénégal, l’Afrique et l’humanité. Il ne s’agit pas de se ranger derrière lui mais plutôt de solliciter ses conseils avisés pour le triomphe de notre idéal commun pour le Sénégal. Même s’il n’est pas demandeur, on le sait, nous devons l’engager dans cette bataille décisive pour l’avenir de la démocratie dans notre pays. C’est une élection test majeur après les évènements de mars et la détermination de la jeunesse à engager la bataille des ruptures, des transformations et de la révolution nationale pour le développement harmonieux de notre pays.
Êtes-vous en train d’anticiper sur un éventuel problème de tête de liste de l’opposition ?
Je crois que nous sommes tous conscients de la nécessité et de l’urgence de la mise en œuvre de notre cadre unitaire pour les prochaines élections. Nous avons déjà entamé le travail qui sera bientôt achevé pour la mise en place de la grande coalition de l’opposition et des forces vives pour la sauvegarde et la défense des intérêts supérieurs de la nation.
Depuis le mois de mars des leaders de l’opposition appellent à un vaste rassemblement, mais aucun acte n’a été posé dans ce sens. Pourquoi il est si difficile pour l’opposition de s’unir ?
La mise en œuvre d’une telle initiative requiert beaucoup de préalables. Nous nous attelons à lever tous les obstacles qui peuvent se dresser devant nous. Nous sommes conscients des enjeux et notre responsabilité commune est engagée pour garantir à notre pays les bases de son évolution démocratique qui passe par une large victoire aux locales. Aucun leader n’a le droit de trahir cette aspiration des populations à nous voir soudés pour le changement.
La guerre de leadership au s**n de l’opposition ne risque-t-elle pas de lui porter préjudice lors des prochaines joutes électorales ?
Il n’y a aucune guerre de leadership au s**n de l’opposition. Des aspirations saines à diriger le pays s’y développent normalement et sainement. C’est aussi cela la démocratie et l’expression de sa vitalité dans un cadre harmonisé. Après tout c’est le Sénégal qui est notre parti commun.
Ousmane Sonko n’a-t-il pas aujourd’hui pris de l’avance sur vous ses ‘’amis » opposants pour incarner l’adversaire idéal de l’opposition face à Macky Sall ?
Je ne sais pas si mon jeune frère Ousmane Sonko cherche à être l’adversaire idéal de Macky Sall comme vous dites. Il vous répondra. Pour ma part aucun qualificatif ne m’intéresse par rapport au Président Macky Sall. Je cherche à le remplacer à la tête du pays pour le réformer et le changer au profit de nos compatriotes. Toute ma stratégie est fondée sur cette perspective.
Quelle stratégie l’opposition doit-elle adopter face au pouvoir en place pour espérer se tirer d’affaires aux Locales du 23 janvier 2022, en attendant le grand combat de la Présidentielle de 2024 ?
Pour matérialiser la volonté du peuple au changement nous devons fortifier notre unité d’action dans un cadre inclusif, surveiller ensemble le processus électoral et lutter contre la fraude. Nous devons montrer aux Sénégalais, notre capacité à l’unité pour l’intérêt de notre pays. Unis nous vaincrons, divisés nous perdrons, ce n’est pas difficile à comprendre. Mon action de tous les jours va dans le sens de la perspective de la victoire de l’opposition.
Tous les recours introduits (lois sur le Code pénal, le Code de procédure pénale et le Code électoral) par l’opposition ont été rejetés par le Conseil constitutionnel. Jusqu’où comptez-vous aller pour espérer obtenir gain de cause dans votre bataille contre le pouvoir de Macky Sall ?
Aujourd’hui il reste clair que le pouvoir a fini de tracer sa feuille de route pour nous imposer un rapport de force. Pour la sauvegarde de la démocratie aucun autre choix ne nous reste que de nous battre pour le Sénégal. Après l’échec du dialogue sur les questions fondamentales liées à l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes, la confrontation est inévitable. Il y va de l’avenir de la nation. Face à ce contexte nous allons pleinement assumer notre part de responsabilité. Nous le savons tous, à travers la géopolitique mondiale, que le pétrole et le gaz vont engager des enjeux qui peuvent menacer durablement la paix et la stabilité de notre pays. Dans ce combat futur entre le peuple et le pouvoir chacun doit choisir son camp.
La 3e vague du Covid-19 est en train de faire des ravages partout au Sénégal, avec son lot de cas graves et de morts. Malgré tout cela, la population n’a manifesté aucune peur face à la pandémie. Qu’est-ce qui peut expliquer, selon vous, ce comportement des Sénégalais ?
Nous étions en pleine tournée nationale quand nos techniciens en la matière nous ont alertés sur l’évolution fulgurante de la pandémie. Nous avons tout de suite pris la décision d’arrêter la tournée à Keur Saloum Diané où nous nous trouvions. Si le Président Macky Sall nous avait suivis dans cette direction, il n’aurait pas pu contribuer si massivement à la propagation du virus à travers ses grands rassemblements dans le pays. Manifestement il a sa part de responsabilité dans la situation que nous vivons.
Aujourd’hui la situation est plus que préoccupante avec déjà 1300 décès, des hôpitaux et cliniques débordés. Il nous faut dans l’urgence un nouveau plan national de riposte pour sauver les malades et les personnels soignants.
Contrairement à la première et deuxième vague, on a constaté un manque total de communication autour de la troisième qui est pourtant plus meurtrière. L’Etat a-t-il fui ses responsabilités ?
Le gouvernement doit dire la vérité à la population et engager très vite des actions rigoureuses pour bloquer la pandémie et ses conséquences néfastes. Il y va de sa responsabilité. Il faut vacciner la population et faire respecter les mesures barrières.
Récemment, vous avez révélé avoir un redressement fiscal de 11 milliards FCfa. Malick Gakou est-il un mauvais payeur ?
Non, il ne s’agit nullement d’être ou de ne pas être en règle avec l’administration fiscale.
Le gouvernement persécute les opposants hommes d’affaires par le truchement de toute forme d’instruments susceptibles de bloquer nos affaires. Cela est connu. D’autres subissent les persécutions dans d’autres domaines mais c’est peine perdue. Notre combat pour le Sénégal n’a pas de prix.
Est-ce qu’on peut s’attendre un jour à voir Malick Gakou cheminer à nouveau avec Macky Sall ?
Cheminer pour aller où ?
Macky Sall c’est déjà le passé et moi j’incarne l’avenir, le demain du Sénégal.
Les Sénégalais vont choisir en 2024 un Président aux mains propres, compétent, réformateur et incorruptible. C’est le choix du candidat du peuple et de l’espoir que nous incarnons au plus haut point.