Mali : l’état d’urgence de nouveau prolongé

L’état d’urgence, en vigueur quasiment sans interruption depuis l’attentat de Bamako de novembre 2015, a été de nouveau prorogé pour un an à partir du 31 octobre.

Cette décision, adoptée mardi en conseil des ministres, intervient alors que les attaques djihadistes et les violences intercommunautaires se sont poursuivies, en particulier dans le centre du pays, au cours des 12 derniers mois.

Quarante soldats ont été tués le 30 septembre et le 1er octobre quand les jihadistes ont attaqué les camps militaires de Boulkessy et Mondoro (centre), selon un bilan encore provisoire. Depuis, des femmes de militaires des bataillons concernés ont plusieurs fois manifesté, à Bamako et Sévaré (centre).

Menaces et agressions

Décrété à la suite de l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre 2015 (20 morts et deux assaillants tués), l’état d’urgence avait été pour la dernière fois prolongé d’un an en octobre 2018, jusqu’au 31 octobre 2019.

« Au regard de la situation, l’état d’urgence est prorogé (jusqu’au 31 octobre 2020) pour renforcer les capacités opérationnelles des autorités administratives et judiciaires, des forces armées et de sécurité afin de leur permettre de mieux faire face aux situations de menaces ou d’agression », selon un communiqué.

L’état d’urgence accorde notamment des possibilités d’intervention accrues aux forces de sécurité, en matière de fouilles et de restrictions de circulation et de rassemblements.

Sa dernière prolongation « a permis entre autres de poursuivre le renforcement des mesures de prévention au niveau des autorités administratives compétentes, de proroger les effets des poursuites judiciaires liées à l’état d’urgence et d’accroître les actions de contrôle des forces armées et de sécurité sur le territoire national et de rétablir la sécurité dans certaines localités », souligne le gouvernement.