Mali : Alioune Tine demande la levée de l’assignation à résidence de Bah N’daw et de Moctar Ouane.

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L’ex président de la Transition Bah N’daw et son Premier ministre Moctar Ouane, arrêtés le 24 mai sur instruction du vice-président, le Colonel Assimi Goita, ont été libérés. C’est ce qui a été annoncé le 27 mai dernier. Or, la vérité est tout autre.

Selon l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, les deux autorités de la transition sont placées en résidence surveillée. « L’ancien président, Bah N’Daw, et l’ancien Premier ministre, Moctar Ouane, toujours en résidence surveillée après avoir été transférés d’un camp militaire la semaine dernière, devraient être libérés par les nouvelles autorités militaire du Mali », demande Alioune Tine, dont le propos est rapporté par le site de l’Onu visité à Dakaractu.

Il réclame la fin de cette forme de privation de liberté et appelle aussi à libérer « trois hauts responsables militaires détenus arbitrairement ». De l’avis d’Alioune Tine, ces détenus doivent communiquer avec leurs familles et leurs avocats.

Les chefs d’État et représentants de gouvernements de la Cedeao ont exigé lors du sommet extraordinaire du dimanche 30 mai sur le Mali, la libération du président de la transition et de son Premier ministre. Ils ont également demandé à ce que le calendrier électoral soit respecté.

L’expert indépendant de l’Onu réitère cet appel et exhorte les nouvelles autorités à aller vers la formation d’un gouvernement inclusif afin de « ramener le pays à l’ordre constitutionnel et à l’État de droit ».
À l’instar de la CEDEAO, l’Union africaine a suspendu le Mali. Cependant, aucune sanction économique n’a été prise contre le pays qui en est à son cinquième coup d’État.

Suite à la destitution du président de la Transition et de son Premier ministre, la Cour constitutionnelle du Mali a constaté la vacance du pouvoir. À la suite de quoi, le vice-président qui a saisi l’instance suprême de la juridiction malienne a été désigné Président de la transition, avec fonction de chef de l’État.

Le poste de Premier ministre a été offert sur un plateau d’argent au Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques, dont la mobilisation a accéléré la chute d’Ibrahim Boubacar Keita en août 2020. Le M5 RFP a désigné Choguel Maiga pour prendre la fonction précédemment occupée par Moctar Ouane. Mais le président français, Emmanuel Macron a menacé de mettre fin à l’opération Barkhane si le Mali va dans le sens d’un Islam radical.