Maladie dermique : Cette substance collante aux filets suspectée par les pêcheurs

La maladie dit mystérieuse des pêcheurs  n’est pas d’origine toxique et les recherches sont orientées vers les filets, selon les experts sénégalais.  Senego a recueilli l’avis du président de l’Union Nationale des Pêcheurs Artisanaux du Sénégal (UNAPAS), à cet effet. Moustapha Diop, ce dimanche 22 novembre, est revenu sur ces questions.  Il suggère une piste aux experts par rapport à une “substance collante” aux filets.  Il se dit aussi satisfait du taux de guérison de cette maladie, dû à des traitements efficaces.

La maladie dermique n’est pas due à une substance toxique, selon les résultats des analyses. Qu’en pensez-vous ?  

Nous avons coopéré avec l’Etat du  Sénégal. Nous leur avons expliqué les endroits où les pêcheurs ont été les plus touchés. Les experts ont fait des prélèvements par la suite et ils ont conclu que la maladie dermique n’est pas due à des substances toxiques.  Nous en prenons acte, même si  pour le moment, nous ne pouvons pas confirmer cette thèse. De même que la thèse brandie concernant les algues. En effet,  là où nous allons en mer est très loin des algues et donc il n’y a pas chance que cette maladie soit d’origine algale.  Par contre, des pêcheurs ont constaté en mer, précisément à Ndaayan (Ndlr : situé à Thiès,  beaucoup d’entre eux ont contracté la maladie) que lorsqu’ils tirent des filets qu’il y avait une substance étrange et collante.

Parlant des filets, les recherches s’orientent sur ça  désormais, vous confirmez qu’il y a des chances de découvrir quelque chose ?

En effet, il y a des pêcheurs  qui sont volontaires. Ils sont partis à Ndaayan, ont remis des poissons, de l’eau de mer aux experts pour des analyses. Ils affirment que lorsqu’ils tirent les filets, il y avait cette substance qui s’y collait et ils avaient les mains qui brûlaient.  Nous avons de fortes soupçons sur cette chose “mystérieuse” et il faudrait des analyses poussées en laboratoire sur ça.

Le traitement procuré aux personnes contaminées est-il efficace ?

Le traitement est  très efficace.  La façon dont la maladie s’était manifestée chez des pêcheurs était très inquiétante. Après des prélèvements sur des malades, les médecins ont trouvé qu’il y a des maladie similaires, ont appliqué les mêmes traitements et ils ont de bons résultats. En l’espace de trois (3) jours, beaucoup de pêcheurs sont guéris, il ne reste plus beaucoup au niveau du poste de santé de Thiaroye-sur-mer.

Nous demandons juste à l’Etat de les assister financièrement car beaucoup d’entre eux sont des responsables, en quête de la dépense quotidienne et qui ne peuvent pas pour le moment prendre la mer  du fait de la maladie.

Il y a  des pêcheurs qui vont toujours en mer, comment expliquez-vous cette situation ?

Il faut savoir qu’il  y a un type de pêche ciblé par cette nouvelle maladie. D’ailleurs, ceux qui sont épargnés  par cette  maladie, nous reprochent ces propos, mais c’est la vérité.  En effet, lorsque les pêcheurs volontaires  prenaient des prélèvement à Ndaayane, ils avaient rencontrés en mer d’autres types de pêche, qui n’étaient ni touchés ou inquiétés par la maladie.

Des acteurs ont des difficultés à écouler leurs poissons, quelle analyse  faites-vous de cette situation ?

C’est dû au fait que beaucoup  se sont  prononcés sur la question sans rien comprendre. Ils ont fait peur aux populations. Mais, ce que je peux dire est que dans la zone de pêche allant de Dakar à Ndaayan, il n’y a pas d’espèces de poissons retrouvées mortes. Donc, il n’y a pas de risque à ce niveau.  Par contre, j’ai attendu des rumeurs, à Dionouar, qu’il y a des espèces de poissons qui meurent, même si je ne peux confirmer.