L’interdiction de la fessée devrait être votée

Déjà approuvée par l’Assemblée nationale en novembre dernier, la loi interdisant « les violences éducatives ordinaires » dont la fessée devrait être adoptée par le Sénat ce mardi 2 juillet.

Exit la fessée. Ce mardi 2 juillet, le Parlement devrait adopter la proposition de loi relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires (VEO). Si le Sénat valide le texte dans un ultime vote, la France deviendra le 55e Etat à bannir cette pratique. Cette nouvelle interdiction ne se traduira par aucune sanction pénale mais vise à rappeler que « la violence n’est pas un mode d’éducation », comme le précise sur Twitter la députée de la 4ème circonscription du Val-de-Marne Maud Petit, auteure de la proposition de loi. La mesure devrait trancher un débat qui agite depuis des années l’opinion publique, certains la jugeant utile pour « éduquer » les enfants, tandis que d’autres la considèrent aussi taboue et inutile que les gros mots dans la bouche des enfants.
Signe de l’absence de consensus sur le sujet, l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (VEO) révélait en 2017 que 85 % des parents reconnaissent avoir encore recours à la fessée (dont 71.5 % à des petites gifles).

L’interdiction concernera toutes les violences éducatives ordinaires. Comprendre : « l’ensemble des pratiques coercitives et punitives utilisées, tolérées, voire recommandées dans une société, pour « éduquer » les enfants », dixit la proposition de loi. Cela englobe aussi bien la violence physique (gifles, pincements, fessées, secousses, projections, tirage de cheveux, tapes sur les oreilles), que verbale (moqueries, propos humiliants, cris, injures) ou encore la violence psychologique (menaces, mensonges, chantage, culpabilisation).

Les violences éducatives, « un problème de santé publique »

Le texte défini les VEO comme un réel « problème de santé publique » dont l’emploi peut nuire au développement de l’enfant. Le texte de loi, déposé en octobre 2018, rappelait que cette pratique peut augmenter les troubles du comportement de l’enfant et favoriser « les pathologies physiques et mentales », comme l’a montré un rapport de l’OMS sur la santé et la violence de 2002. En 2016, une méta-étude de l’Université d’Austin au Texas parue en 2016 portant sur 13 pays et 160 000 enfants a montré que les punitions corporelles favorisaient chez les enfants concernés de « l’agressivité, une baisse de l’estime de soi, une baisse des performances et un comportement antisocial », invoquait encore la proposition de loi.

Avec l’adoption de cette mesure, la France devrait se mettre en conformité avec la législation européenne qui interdit depuis 2016 les châtiments corporels envers les enfants.

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