Limogeage de Abdourahmane Ndiaye «Adidas» : La version de Me Babacar Ndiaye, …

Dans le journal L’Observateur, le président de la Fédération sénégalaise de basket-ball, Me Babacar Ndiaye a donné les raisons du départ de Abdourahmane Ndiaye «Adidas» et a expliqué le choix porté sur Moustapha Gaye. Entretien…

Président, pourquoi les négociations avec l’ex-sélectionneur Abdourahamane Ndiaye «Adidas» ont été interrompues et le contrat proposé à Moustapha Gaye pour conduire les «Lions» du basket au Mondial ?
Je ne vais pas dévoiler le contenu de notre discussion avec Abdourahmane Ndiaye, encore moins entretenir la polémique à travers la presse. J’ai constaté simplement qu’il n’était plus possible de continuer la collaboration. Je l’avais pris comme entraîneur pour faire les éliminatoires de la Coupe du monde avec une reconduction tacite, si l’équipe se qualifie. Il a voulu renégocier le contrat à la fin. On a négocié après la qualification de l’équipe. Conformément à mon engagement, je lui ai réaffirmé ma volonté de le laisser continuer son travail. J’ai accepté de laisser travailler Abdourahmane Ndiaye jusqu’en 2021, après l’Afrobasket. Les aspects financiers n’étant pas de mon ressort, j’ai transmis à qui de droit.   Après avoir reçu la réponse (du ministère des Sports, Ndlr), nous nous sommes rencontrés et tombés d’accord sur les éléments essentiels du contrat : la durée, la rémunération et les obligations réciproques des deux parties. C’est un contrat standard qui a été proposé à Cheikh Sarr. Je n’ai jamais voulu faire de discrimination entre les deux. Cheikh Sarr (sélectionneur de l’Équipe nationale féminine, Ndlr) a signé. Le même contrat a été soumis à «Adidas». On s’est parlé le samedi, je lui ai envoyé le contrat le lundi par mail. Il n’a pas réagi. On s’est retrouvés à la cérémonie du tirage au sort et il m’a confirmé avoir reçu le contrat qu’il allait soumettre à son conseiller juridique. Il devait me revenir le mardi entre 9 et 12H.   Malheureusement, il m’a fait savoir que son conseiller juridique ne pouvait le recevoir qu’à partir de 16H, qu’il ne pouvait pas me donner une réponse dans la matinée. Après cette rencontre, il m’a appelé au téléphone pour me dire que le contrat, tel qu’il est conçu, ne lui permettait pas d’exercer son métier correctement. Il a proposé des modifications. Je n’étais pas dans les dispositions de les accepter. Après réflexion et consultation de mon équipe fédérale, j’ai décidé de mettre un terme à notre discussion. Je lui ai envoyé une lettre signée pour regretter la fin des pourparlers et le remercier pour tout le travail abattu à la tête de l’Equipe nationale. J’ai ensuite discuté avec Moustapha Gaye. Nous sommes tombés d’accord.   Entre la rupture des négociations avec «Adidas» et l’accord trouvé entre la Fédération et Tapha Gaye, tout cela s’est passé en quelques heures. N’y a-t-il pas un coup prémédité ?   Les gens disent qu’il y a urgence, même si je ne suis pas d’accord. Le regroupement pour la Coupe du monde, c’est entre trois et quatre semaines. L’équipe entre en regroupement le 2 août et la compétition démarre le 31. Nous sommes dans les délais. Si j’ai mis un terme aux pourparlers, je dois voir qui est l’entraîneur le plus légitime pour diriger l’équipe. Tapha Gaye a été deux fois champion d’Afrique. Il a gagné les Jeux africains, disputé deux Coupes du Monde et des Jeux olympiques. Il a le profil. On a discuté et trouvé une solution. J’ai demandé à «Adidas» de proposer une liste en attendant la signature du contrat pour permettre à la Fédération de travailler administrativement. Il a répondu en disant que c’est une question de principe, il ne pouvait poser aucun acte, tant que son contrat n’était pas signé, malgré le fait qu’il y avait urgence à déposer les listes à la Fiba. Le jour des faits, il m’a appelé pour dire qu’il y a des modifications à faire, mais en attendant, il pouvait aller rencontrer le Directeur technique pour lui donner la liste. Ce qu’il avait toujours refusé. J’ai dit au Directeur technique : ‘‘Pas question ! Ce qu’il a toujours refusé, on ne va pas l’accepter. On attend qu’il signe son contrat’’.   Quelles sont les modifications proposées par «Adidas» ?   Il y a une façon de contourner les choses quand on vous propose un contrat de pige sur deux ans et demi. A chaque tournoi, on discute pour fixer le montant à payer. Pour cette Coupe du monde, on était d’accord sur le montant. Pour les éliminatoires de l’Afrobasket, on avait discuté sur le salaire et les primes. Me dire qu’il a besoin de faire de la supervision et que son contrat ne doit pas exclusivement se limiter à la période de préparation et de participation, c’est une façon de contourner la durée et la qualité de pigiste.