Levothyrox : un chercheur toulousain décèle des “impuretés” dans la formule mise en cause

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Des impuretés sont-elles à l’origine des effets indésirables constatés sur la nouvelle formule du Levothyrox ? C’est ce que suspecte un chercheur toulousain du CNRS.

La révélation d’un chercheur du CNRS devrait relancer la polémique autour du Levothyrox. La nouvelle formule de ce médicament indiqué contre les troubles de la thyroïde a été mise en cause après les plaintes de 31 000 patients d’effets indésirables (maux de tête, fatigue, douleurs musculaires, dépression, perte de cheveux). Pour Jean-Christophe Garrigues, chercheur au Laboratoire des interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique (IMRCP) de l’Université Paul Sabatier de Toulouse (CNRS), un élément chimique pourrait être à l’origine du problème. Sur le site Médiacités (article en accès payant), l’expert soutient avoir décelé un important pic d’impuretés dans la formule du Levothyrox mise sur le marché en mars 2017.

En juillet dernier, le scientifique commence à analyser la synthèse des recherches sur la composition d’un comprimé du Levothyrox. Son travail est réalisé à la demande de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT) qui le finance. En décortiquant ce chromatogramme (analyse des constituants chimiques d’un mélange), le chercheur pointe la présence de cet élément chimique “impur” dans la formule du Levothyrox controversée. Ces éléments chimiques sont absents de l’ancienne formule et seraient présents en moindre quantité dans les comprimés vendus actuellement en pharmacie.

Le chercheur du CNRS doit présenter ses travaux auprès de l’AFMT.
L’ANSM assure la “bonne qualité de la nouvelle formule”

De son côté, l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) s’est fendu d’un communiqué jeudi 4 octobre qui met en cause l'”interprétation” du chercheur du CNRS. “Les analyses chromatographiques réalisées pour la recherche de dextrothyroxine démontrent la présence de quantités de lévothyroxine comparables entre l’ancienne et la nouvelle formule, qui n’est donc pas sous-dosée. Elles montrent également la présence de dextrothyroxine uniquement à l’état de traces dans la nouvelle comme dans l’ancienne formule, ce qui est tout à fait conforme aux spécifications attendues. L’ANSM s’interroge aussi sur la méthode du chercheur du CNRS. “Ces chromatogrammes permettent uniquement d’identifier la présence de dextrothyroxine et de lévothyroxine et ne peuvent générer aucune autre interprétation”. Elle assure que “l’ensemble des contrôles réalisés dans les laboratoires de l’ANSM ont confirmé la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox”.

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