L’escalade : Des combattants venus du Yémen dans la guerre libyenne

Poussé par Ankara, le camp de Fayez el-Sarraj cherche à tout prix à reprendre Syrte en amont de toutes négociations politique ou militaire. Dans le même temps, la Turquie, qui a déjà envoyé de nombreux combattants et drones, envoie de nouveaux mercenaires provenant du Yémen.

En Libye, l’offensive du maréchal Haftar sur Tripoli a été un échec mais a accru l’implication directe de plusieurs pays étrangers dans la guerre. Des Russes, des Soudanais et des Tchadiens ont renforcé les rangs de l’armée nationale libyenne (ANL) de Haftar. Des mercenaires turcs et des milliers de supplétifs syriens ont été envoyés par la Turquie pour épauler les milices fidèles au gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez el-Sarraj. Plus nombreux et avec des armes plus modernes, ces mercenaires syriens ont changé l’équation sur le terrain, note RFI.

Accord des Turcs avec les islamistes d’Islah

À ces Syriens s’ajoutent maintenant des Yéménites. Un premier groupe de mercenaires yéménites de 200 hommes envoyé par la Turquie a atterri à Tripoli au début de la semaine, explique notre journaliste Houda Ibrahim. L’information est étayée par plusieurs sources. L’accord passé entre les renseignements turcs et le parti islamiste yéménite Islah est le suivant : « Aidez-nous en Libye et on vous aidera au Yémen ».

Le parti Islah est le bras armé le plus puissant des frères musulmans au Yémen. Selon plusieurs observateurs, ce parti islamiste veut nouer une alliance avec Ankara qui se prépare à intervenir militairement au Yémen. Selon ces sources, les Turcs veulent reproduire sur le terrain yéménite le scénario libyen, exactement comme ils ont fait en Libye en reproduisant le scénario de leur intervention en Syrie.

Dans ce jeu d’alliances, la Turquie fait bloc avec le Qatar, soutien des Frères musulmans face à un autre groupe formé des Émirats arabes unis, de l’Arabie Saoudite et de l’Égypte.