Les maladies aussi ont leur calendrier !

Vous avez plus de risque de faire un infarctus en hiver ou d’attraper une infection sexuellement transmissible en été. En effet, la fréquence de nombreuses maladies varie au fil des saisons.
En hiver : les maladies respiratoires contagieuses se propagent

Rhume, bronchite infectieuse, angine virale et, bien sûr, grippe sont des affections bien plus fréquentes en hiver. « Dans tout l’hémisphère nord, la grippe survient chaque année à la même période : elle débute en décembre ou janvier et dure entre cinq et seize semaines », souligne Marion Debin, épidémiologiste du réseau Sentinelles . « L ‘hiver, la promiscuité et le confinement dans des lieux pas toujours bien ventilés sont plus importants. Cela favorise la contamination par voie aérienne », explique-t-elle. Par ailleurs, le froid altère le fonctionnement du système immunitaire et assèche le mucus de nos voies respiratoires, ce qui permet au virus d’entrer plus facilement dans l’organisme.
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Enfin, il semble que le virus de la grippe soit plus résistant au froid qu’à la chaleur. « La grippe saisonnière étant un facteur d’aggravation de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie chronique inflammatoire des bronches, les symptômes de celle-ci sont aussi plus fréquents quand le thermomètre chute », ajoute le Pr Annesi-Maesano.
Au printemps : les rhinites et la varicelle surgissent

« La rhinite pollinique est l’exemple emblématique de la saisonnalité des maladies : pour qu’elle se déclenche chez une personne allergique, il faut qu’il y ait du pollen et les pollens ont leur saison », détaille le Pr Annesi-Maesano. Les rhinites allergiques se manifestent donc au printemps mais celles qui sont dues aux pollens d’arbres peuvent débuter dès l’hiver, en particulier dans le sud de la France avec ceux de cyprès. Au printemps, ce sont essentiellement les pollens de graminées qui posent problème, viennent ensuite ceux d’herbacées présents jusqu’à la fin de l’été, en particulier ceux de l’ambroisie. Cette plante particulièrement allergén***e, qui a fait son apparition en France il y a quelques années, est aujourd’hui très présente dans la région lyonnaise et tend à gagner du terrain partout ailleurs.

Un problème encore amplifié par le changement climatique : l’ambroisie, mais aussi d’autres espèces telles que le cyprès et l’olivier, vont s’étendre vers le nord. Par ailleurs, en raison d’un printemps plus doux et de gelées plus tardives, la saison pollinique durera plus longtemps. Et du côté des maladies infectieuses infantiles, la varicelle est plus fréquente au printemps et au début de l’été.
En été : les intoxications prolifèrent

Avec la chaleur, la survenue d’intoxications alimentaires augmente : on mange plus souvent des aliments crus, le risque de rupture de la chaîne du froid est plus grand et les bactéries prolifèrent plus vite. Attention également aux restes de pique-n***e (en rentrant, jetez les aliments non consommés qui ont passé la journée au chaud) et aux barbecues : on ne met pas la viande cuite dans le plat qui a servi à la transporter crue. Et on est encore plus prudent si on voyage à l’étranger : la fameuse « turista » guette !

L’été est aussi la saison des tiques : le risque augmente de contracter les nombreuses maladies qu’elles propagent.

Idem pour les comportements sexuels à risque (partenaires multiples, rapports non protégés), qui font flamber les IST (infections sexuellement transmissibles), comme l’herpès génital ou la gonorrhée.
En automne : l’asthme reprend du souffle

« Lorsque l’automne s’installe, on observe une recrudescence des cas d’asthme chez l’enfant » , indique le Pr Annesi-Maesano, directrice de l’équipe de recherche Epidémiologie des maladies allergiques et respiratoires à l’Inserm.

Et de poursuivre, « cela s’explique par le retour à la collectivité, qui favorise les maladies infantiles, elles-mêmes pouvant exacerber l’asthme. Mais c’est aussi dû au stress lié à la rentrée scolaire ou à un changement de qualité de vie, par exemple lorsque l’enfant est parti en vacances au bord de l’océan ou à la montagne et qu’il retrouve la pollution des grandes villes à la rentrée « 

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