Les intellectuels africains sont formés pour chercher le bonheur personnel

Ayi kwei Armah est un philosophe et journaliste ghanéen.  Dans une interview publiée par le quotidien EnQuête, il apporte un regard critique sur la façon dont sont formés les intellectuels, qui ne songeraient qu’à leur réussite personnelle. Même s’il y a des exceptions parmi eux. 

La logique de survie

« La majorité des intellectuels africains sont formés pour chercher leur bonheur personnel. Ils sont dans une logique de survie », déclare-t-il dans l’interview parue dans la livraison du journal pour ce week-end.

Des opportunistes

Poursuivant, l’écrivain ghanéen déclare que la plupart des intellectuels africains regardent le monde et voient l’injustice ambiante. (…) Ils décident de ne pas la combattre, préférant se faire les amis des riches et des hommes qui ont le pouvoir. Ce sont des opportunistes qui se donnent de bonnes raisons de ne pas essayer de changer le système.

« En Afrique, nous n’avons pas de personnes qui vouent leur vie à la cause africaine », dit Ayi Kwei Armah pour parler de la « thèse » qu’il s’est employé à défendre dans le roman « L’âge d’or n’est pas pour demain ».

La preuve, poursuit-il, « des pans entiers de catégories corrompues, des politiciens (…) prennent des ressources de tout un continent pour les brader aux étrangers afin de s’enrichir ».

Quelques exceptions

L’écrivain ghanéen, qui séjourne à Dakar pour la présentation de son dernier livre « Les enseignements de Ptahhotep », reconnaît toutefois qu’‘’il y a des Africains porteurs de changement’’.. « Patrice Lumumba et d’autres étaient de ceux-là », ajoute-t-il.

Revoir la formation

Parlant encore d’engagement politique, Ayi Kwei Armah ajoute : « Pour avoir des révolutionnaires, il faut des hommes informés de la nécessité de se battre. [Mais] rien ne garantit que les gens bien informés soient prêts à s’engager.’’