Les États-Unis saluent « d’excellents progrès » dans les négociations avec les Taliban

Les États-Unis et les Taliban ont mené de nouvelles négociations, lundi, à Doha, afin de parvenir à un accord politique ouvrant la voie à un retrait des troupes américaines d’Afghanistan après dix-huit ans d’intervention.

Washington et les Taliban ont réalisé, lundi 6 août, « d’excellents progrès » dans les négociations menées à Doha pour trouver un accord visant à mettre un terme à un conflit qui dure depuis dix-huit ans en Afghanistan, a annoncé l’émissaire américain.

Les États-Unis, qui ont envahi l’Afghanistan et renversé les Taliban en 2001, veulent retirer des milliers de soldats du pays et tourner la page de la plus longue guerre de leur histoire. Mais ils veulent au préalable obtenir des insurgés l’assurance qu’ils cesseront tout lien avec Al-Qaïda et empêcheront d’autres jihadistes comme ceux de l’organisation État islamique (OEI) d’utiliser l’Afghanistan comme un refuge. Les pourparlers, qui en sont à leur huitième cycle, ont commencé, samedi 3 août, dans la capitale du Qatar.

« Nous avons réalisé d’excellents progrès »

« En s’appuyant sur les excellents progrès réalisés à Kaboul la semaine dernière, j’ai passé ces derniers jours à Doha concentré sur les points encore en suspens pour conclure un possible accord avec les Taliban », a écrit sur Twitter l’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad. La conclusion d’un accord « permettrait un retrait des troupes (américaines) soumis à des conditions », a-t-il ajouté.

Zalmay Khalilzad a par ailleurs indiqué qu’il se rendra à New Delhi « pour des réunions déjà prévues afin de poursuivre la construction d’un consensus international en soutien au processus de paix afghan ».

Les Taliban n’ont, eux, pas fait de commentaires dans l’immédiat.

« Nous sommes proches d’un accord de paix »

De son côté, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a déclaré, mardi, qu’il y avait « une chance réelle pour la paix en Afghanistan. Nous sommes plus proches d’un accord de paix que jamais auparavant « , a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Wellington, en Nouvelle-Zélande.

Un accord entre les États-Unis et les Taliban ouvrirait la voie à des discussions directes entre les insurgés et le gouvernement du président afghan Ashraf Ghani.

« Mon équipe et les représentants des Taliban vont continuer à discuter des détails techniques, ainsi que des étapes et mécanismes requis pour une mise en application réussie de cet accord constitué de quatre parties sur lequel nous travaillons depuis ma nomination », a écrit Zalmay Khalilzad. Selon lui, une entente sur « ces détails est essentielle ».

Les quatre piliers d’un éventuel accord sont : le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, l’engagement des Taliban à rompre leurs liens avec Al-Qaïda, à respecter un cessez-le-feu et à discuter avec l’administration de Kaboul, a-t-il ajouté.

Un accord espéré d’ici le 1er septembre

Les États-Unis et leurs alliés de l’Otan sont engagés depuis le 7 octobre 2001 dans une vaste opération militaire en Afghanistan. Elle a été lancée après les attentats du 11 septembre aux États-Unis pour frapper les camps d’Al-Qaïda et son chef Oussama Ben Laden. Chassés du pouvoir par cette intervention, les Taliban mènent depuis en Afghanistan une insurrection en perpétrant de nombreuses attaques sanglantes.

Washington espère conclure un accord de paix avec les Taliban d’ici le 1er septembre, avant les élections afghanes prévues le même mois et la présidentielle américaine en 2020.

Si les États-Unis et les Taliban parviennent à un accord, des questions cruciales restent à résoudre pour la période qui suivra. Washington insiste pour que tout retrait soit « fondé sur des conditions », alors que les Taliban insistent pour un retrait complet des forces étrangères avant d’envisager de respecter leurs engagements.