Les ballons incendiaires, l’autre arme des Palestiniens dans le conflit contre Israël

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Ces ballons sont gonflés à l’hélium et équipés d’explosifs.

Des militants palestiniens, dont des membres de l’organisation armée Jihad islamique palestinien, ont lancé des dizaines de ballons incendiaires par-dessus la barrière frontalière en direction d’Israël, rapporte un article de CNN. Selon des responsables israéliens, au moins vingt incendies ont été déclenchés par ces ballons ce mardi 15 juin et quatre mercredi 16 juin.

Ces ballons, qui ressemblent parfaitement à ceux utilisés pour décorer une soirée d’anniversaire, sont gonflés à l’hélium puis attachés à des explosifs ou à des dispositifs allumés au préalable. Ils sont ensuite lancés depuis Gaza et projetés en territoire israélien par les vents de la mer Méditerranée. Si ce type d’attaque est utilisé contre l’Israël depuis des années, celles des derniers jours seraient une réponse à la «marche des drapeaux» organisée par l’extrême droite à Jérusalem et autorisée par le gouvernement israélien, précise la chaîne de télévision américaine.

Ce défilé annuel, pendant lequel des groupes, principalement des Juifs nationalistes, traversent la vieille ville en portant des drapeaux israéliens pour célébrer la prise du Mur des Lamentations par le pays lors de la guerre des Six Jours en 1967, suscite régulièrement des tensions avec les Palestiniens.

Moins chers et plus pratiques

Pourquoi utiliser des ballons plutôt que des engins explosifs classiques? Ils sont conçus pour effrayer, causer des dommages, déclencher des incendies et brûler les cultures. En effet, la majorité des terres qui entourent Gaza sont des champs, des réserves naturelles ou des terres agricoles. Depuis 2018, un peu plus de 4.208 hectares ont d’ailleurs été brûlés en Israël par des engins incendiaires volants, indique le porte-parole des Forces de défense israéliennes.

Les ballons sont également moins chers et plus pratiques: ils sont faciles à construire et nécessitent peu de préparation avant d’être lancés. C’est surtout un moyen d’envoyer un message à Israël, sans provoquer les représailles militaires qui se produisent généralement après des tirs de roquettes. D’autant que, jusqu’à présent, les autorités n’ont pas signalé de victimes de ces engins incendiaires, ajoute CNN.

Pourtant, ce mercredi 16 juin, l’armée israélienne a rétorqué avec des frappes aériennes dans la bande de Gaza, causant des dégâts matériels, selon les médias palestiniens. Désormais, toute provocation, y compris l’envoie de ballons incendiaires, est réprimée par la force. La position du nouveau Premier ministre Naftali Bennett au sujet de ces ballons est également très ferme.

En 2018, déjà, Naftali Bennett avait déclaré que l’armée devait «tirer pour t**r» toute personne qui envoie de tels engins incendiaires, de la même manière qu’elle répond aux roquettes dirigées vers les communautés israéliennes.