Le syndrome de l’imposteur, ou comment le doute impacte vies professionnelle et familiale

Le syndrome de l’imposteur, ou syndrome de l’autodidacte, est responsable d’un doute maladif chez les personnes qui en sont atteintes. Et ce démérite n’est pas sans conséquences sur leur bien-être.

Douter de soi parfois permet de se remettre en question et d’évoluer. Mais comme toute chose, l’excès peut produire l’effet inverse. Ainsi, lorsqu’un employé commence à émettre des craintes quant à ses capacités, il peut faire face à ce qui est appelé le « syndrome de l’imposteur », provocant de la fatigue, de l’insatisfaction et l’incapacité à préserver un équilibre sain entre son travail et sa vie personnelle. C’est ce que révèle une étude présentée début juillet par la Society for Industrial and Organizational Psychology (SIOP).
Au boulot comme à la maison

Au total, 463 personnes travaillant au moins 20 heures par semaine et occupant le même emploi depuis au moins 6 mois ont été interrogées. Et selon les chercheuses des universités américaines de Houston-Clear Lake, de Floride du Sud et de Houston ayant mené les recherches, celles victimes du syndrome de l’imposteur ont du mal à croire en leur propre succès et ont tendance à surcompenser. Un phénomène qui a de fortes conséquences émotionnelles.

En fait, ces individus sont épuisés, et sont plus susceptibles de se retrouve tirailler entre leur rôle au travail et à la maison. Et ainsi, d’être moins satisfaits de leur vie familiale. « Le point le plus important de notre étude était de montrer que les employés qui ont constamment l’impression de ne pas être à leur place subissent non seulement des effets néfastes au travail, mais aussi à la maison, explique Lisa Sublett, professeure adjointe de psychologie qui a participé aux recherches. […] Ils courent un plus grand risque d’éprouver des niveaux élevés d’épuisement professionnel, d’insatisfaction au travail et de conflit travail-famille. »
« Si je peux le faire, tout le monde le peut »

Les scientifiques ont tenté d’identifié les indicateurs d’un syndrome de l’imposteur. Ils y incluent ainsi des tendances au perfectionniste, comme la surpréparation et la surestimation des erreurs. Les personnes touchées utilisent d’ailleurs des expressions telles que « j’ai eu de la chance », « j’étais au bon endroit au bon moment » et « si je peux le faire, tout le monde le peut » pour décrire leur travail, plutôt que de reconnaître leurs succès. Or ces comportements seraient particulièrement observables chez les « employés à fort potentiel ».

Pour atténuer ces sentiments, les chercheuses invitent les chefs d’équipe à aider leurs collègues en leur faisant des retours fréquents sur leur travail. Un atelier qui permet aux participants de reconnaître et d’interrompre ce syndrome de l’imposteur est également en développement. Les résultats préliminaires seraient prometteurs, d’après Lisa Sublett. « Se sentir constamment comme un intrus, ruminer ses erreurs et maintenir un perfectionnisme au travail est très épuisant, il est donc important d’étudier cela pour en comprendre les implications négatives », conclut-elle.

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