Le dangereux germe Candida auris aurait émergé à cause du réchauffement climatique

Une étude s’est penchée les origines de l’agent pathogène Candida auris, qui a émergé simultanément dans plusieurs parties du monde. Et le réchauffement climatique semble à blâmer.

En avril dernier, le New York Timesalertait sur la propagation d’un mystérieux champignon microscopique, appelé Candida auris. Une expansion inquiétante, puisqu’il est responsable d’infections tenaces et mortelles chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Identifié pour la première fois en 2009, le germe s’est ensuite répandu dans les hôpitaux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, sans que des liens clairs aient été établis entre les patients.

« Le plus grand mystère est de savoir comment apparaissant les mêmes espèces fongiques sur trois continents différents à peu près au même moment, alors qu’elles sont génétiquement différentes », assure le Dr Arturo Casadevall, directeur du département de microbiologie moléculaire et d’immunologie de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health (États-Unis) interrogé par le Time. Dans une étude publiée dans la revue mBio le 23 juillet, le chercheur apporte des premiers éléments de réponses.
Des champignons qui s’adaptent à la chaleur

Arturo Casadevall et son équipe se sont penchés sur les champignons proches de Candida auris. Ils ont remarqué que la majorité poussait bien à l’air ambiant, mais ne survivait pas à la chaleur du corps humain. Cela porte donc à croire que celui responsable de ces infections fongiques mortelles s’est adapté à des températures plus élevées.

Un constat qui inquiète les chercheurs. Ils estiment que la hausse du mercure provoqué par le réchauffement climatique finira par amener de nouveaux germes à entrer dans la « zone de restriction thermique », une zone tellement chaude qu’elle empêche la plupart des espèces de p********r dans notre corps. Sans défenses efficaces, les nouveaux champignons résistants pourront ainsi plus facilement infecter les humains.

Car une autre donnée rend Candida auris particulièrement redoutable : la plupart des souches connues résistaient à au moins l’une des trois classes de médicaments utilisées pour traiter les infections fongiques, selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Plus du tiers étaient résistantes à deux traitements, et certaines semblaient résister aux trois.
Responsables d’infections difficiles à détecter

Jusqu’à présent, les infections dues à cette superbactérie ont été signalées dans plus de 30 pays. Mais elles sont difficiles à détecter, car elles se produisent chez des individus déjà traités pour une autre contamination, et au système immunitaire ainsi déjà fragilisé. Elles se manifestent par de la fièvre et des frissons, et ne répondent pas aux traitements antibiotiques habituels. Plus du tiers des patients qui les contractent en décède, d’après les CDC.

Pour Arturo Casadevall, les résultats de cette enquête sont le signe que l’humanité est sur le point de faire face à de nouvelles maladies, causées par des champignons s’étant adaptées aux climats plus chauds. De plus amples recherches seront nécessaire pour mieux comprendre Candida auris, et trouver un moyen de le combattre.

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