L’alcool, l’absent du plan contre les addictions du gouvernement

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Le gouvernement publie son plan pour réduire la consommation des substances addictives, telles que l’alcool et le tabac. Aucune hausse du prix de la boisson n’est néanmoins prévue, comme attendue par les professionnels de santé.

Mieux faire respecter « l’interdiction de vente aux mineurs du tabac, de l’alcool et des jeux d’argent » aux mineurs. C’est l’objectif du plan gouvernemental contre les addictions 2018-2022, publié par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) ce mardi 9 janvier. Mais alors qu’1 décès sur 20 dans le monde est lié à une consommation d’alcool excessive, Matignon ne prévoit pas d’augmentation de son prix. Une mesure pourtant fortement sollicitée par les médecins, notamment à travers une lettre ouverte en octobre dernier dans laquelle ils réclamaient une « taxe alcool ».
De l’alcool trop facilement accessible pour les plus jeunes

Alors que le Premier ministre Edouard Philippe introduit le plan gouvernemental par ces mots : « chaque année, le tabac et l’alcool sont responsables du décès respectivement de 73 000 et de 49 000 personnes. Ces chiffres ne sont pas acceptables », aucune action n’est en effet instaurée pour agir sur le prix de l’alcool. « Les jeunes mineurs nous disent aujourd’hui dans les enquêtes qu’ils n’ont aucune difficulté à s’en procurer », atteste pourtant Nicolas Prisse, président de la Mildeca cité par Ouest-France. Le rapport préconise seulement des opérations de « testing », pour s’assurer que l’interdiction de la vente aux mineurs est bien respectée par les établissements.

L’absence de mesures concrètes concernant la boisson est ainsi déploré, confirme Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction : « Cela fait partie des choses qu’on peut regretter », déclare-t-elle à l’AFP, relayée par Ouest-France. Mais « globalement, le contenu du plan est cohérent, intéressant » même s’il ne comprend « pas de mesure flamboyante », affirme-t-elle.
Six axes, 200 mesures

Ce plan, plusieurs fois reporté ces derniers mois, comprend finalement près de 200 mesures et s’articule autour de six axes principaux :

Mieux répondre aux conséquences des addictions pour les citoyens et la société ;
Améliorer l’efficacité de la lutte contre le trafic ;
Renforcer les connaissances et favoriser leur diffusion ;
Renforcer la coopération internationale ;
Créer les conditions de l’efficacité de l’action publique sur l’ensemble du territoire.

Parmi ces actions, se trouve par exemple la mesure déjà votée par les députés contre le cannabis. Une amende forfaitaire de 200 euros a ainsi été créée pour mieux sanctionner l’usage illicite de stupéfiants, jusqu’alors réprimé par une peine de prison et une forte amende peu souvent appliquées. Les recettes engendrées devraient financer des actions de prévention. L’expérimentation des salles de consommation de drogue à moindre de risque sont également poursuivies. Par ailleurs, des mises en garde sont émises contre « l’usage intensif » des écrans et des jeux vidéo, qui peut devenir « problématique ».

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