La République centrafricaine adopte Bitcoin pour contrôler sa situation économique

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La République centrafricaine adopte Bitcoin pour contrôler sa situation économique


Le 28 avril, le président Faustin Archange Touadéra, annoncé le vote par le Parlement d’une loi qui « régit toutes les transactions » en cryptomonnaies et fait du bitcoin une « monnaie de référence » aux côtés du franc CFA. ce qui signifie que tous les paiements peuvent être effectués directement en Bitcoin et que tous les commerçants sont donc tenus d’accepter d’être réglés avec ce crypto-actif. Il est, par exemple, possible pour un résident centrafricain de régler ses impôts en Bitcoin. Cela fait la République centrafricaine (RCA) le deuxième pays au monde à voter en faveur de l’adoption du bitcoin après le Salvador.

L’adoption du bitcoin vient comme un plan du gouvernement actuel et du président Touadera, pour améliorer les conditions d’accès au système bancaire et financier et de faciliter les transferts de fonds depuis l’étranger.

Cette démarche place la République centrafricaine sur la carte des plus courageux et visionnaires pays au monde. Il est probable que plusieurs pays en Afrique suivront de la République centrafricaine en adoptant le bitcoin dans un plan de stabilité financière, de sécurité financière et de protection des consommateurs.

Mais La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et la France, l’ancienne puissance coloniale à travers (les médias) s’opposent farouchement à cette décision d’adapter le Bitcoin. La banque a averti dans une lettre rendue publique que cette décision violait ses règles et pourrait affecter la stabilité monétaire dans la région.

La lettre de la banque régionale poursuit en suggérant que l’utilisation de la crypto-monnaie pourrait perturber la stabilité monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), composée de six membres. Les membres de la CEMAC, dont la RCA, le Cameroun, le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale et la République du Congo, utilisent le franc CFA comme monnaie.
Alors quela société civile africaine ainsi que la nouvelle génération de la jeunesse africaine voient le Franc CFA comme une monnaie coloniale, et un moyen de mettre ces pays (francophones qui utilisent le Franc CFA) sous leur contrôle.

Les expert en économie voient pour que la République centrafricaine puisse assumer sa souveraineté monétaire, elle doit échanger le franc CFA dans sa propre monnaie, surtout ques les pays africains qui ont une stabilité économique ont leur monnaie nationale. Cela leur permet de prendre le contrôle de leur situation économique préoccupante.

Rappelons que le vice-président du Conseil italien, Luigi Di Maio, a accusé la France «d’appauvrir l’Afrique» et d’aggraver la crise migratoire, en faisant notamment référence au franc CFA. Cette monnaie est aujourd’hui utilisée dans quinze pays africains et est fabriquée en France, dans le Puy-de-Dôme.

«Si aujourd’hui il y a des gens qui partent, c’est parce que certains pays européens, la France en tête, n’ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains», a insisté Luigi Di Maio, qui est aussi ministre du Développement économique. Selon lui, «il y a des dizaines de pays africains où la France imprime une monnaie, le franc des colonies et avec cette monnaie elle finance la dette publique française». «Si la France n’avait pas les colonies africaines, parce que c’est ainsi qu’il faut les appeler, elle serait la quinzième puissance économique mondiale alors qu’elle est parmi les premières grâce à ce qu’elle est en train de faire en Afrique», a-t-il aussi expliqué.

Aujourd’hui utilisé dans 15 pays africains, le franc CFA est fabriqué à Chamalières, l’acronyme CFA signifiait «colonies françaises d’Afrique», et c’est génial de voir un pays comme la République centrafricaine se libérer du colonialisme financier français, vers une indépendance financière particulière à travers laquelle il peut développer ce pays qui a tant souffert et il est temps d’améliorer la vie de son peuple.

Par Grégoire Cyrille Dongobada, observateur militaire, chercheur en études politiques