La liste des 93 médicaments dangereux selon la revue Prescrire

La revue Prescrire vient de publier sa liste 2021 des médicaments « plus dangereux qu’utiles ». Au total, 112 médicaments y son recensés, dont 93 commercialisés.

[Mis à jour, 28/11/2020] Chaque année, Prescrire actualise son bilan des médicaments à écarter des soins. Suite à cette analyse, certains médicaments sont ajoutés, d’autres sont retirés, soit parce que leur commercialisation a été arrêtée sur décision de la firme ou d’une autorité de santé, soit le temps d’un réexamen de leur balance bénéfices-risques par Prescrire, susceptible d’être modifiée par de nouvelles données. Voici les principales évolutions entre le bilan 2020 et le bilan 2021.
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Pour la 9e année consécutive, la revue médicale Prescrire publie un bilan « des médicaments à écarter pour mieux soigner ». Ce bilan recense les médicaments qu’elle juge plus dangereux qu’utiles et qu’elle recommande d’écarter des soins.

Cette année, 112 médicaments « dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques » ont été écartés, dont 93 commercialisés en France. « Ces médicaments plus dangereux qu’utiles sont des causes de mortalité, d’hospitalisations et d’effets nocifs graves ou très gênants, largement évitables » souligne Prescrire. « Mais ce ne sont pas forcément de futurs « Médiator » au centre de scandales sanitaires » ajoute la revue médicale.
Diabète : les gliflozines parmi les médicaments à écarter

Les médicaments de la famille des glifozines sont prescrits dans le traitement du diabète de type 2 depuis 2010. Ils avaient été inscrits sur la liste noire 2019 de Prescrire, s’étaient vu accorder le bénéfice du doute l’en dernier, et ils sont à nouveau inscrits sur la liste des médicaments à la balance bénéfices-risques défavorable. Il s’agit de :

la canagliflozine (Invokana et associée avec la metformine dans Vokanamet) la dapagliflozine (Forxiga , associée avec la metformine dans Xigduo et associée avec la saxagliptine dans Qtern) l’empagliflozine (Jardiance , associée avec la metformine dans Synjardy et associée avec la linagliptine dans Glyxambi) l’ertugliflozine (Steglatro; associée avec la metformine dans Segluromet et associée avec la sitagliptine dans Steglujan).
6 nouveaux médicaments à écarter en 2021

6 nouveaux médicaments ont été ajoutés à la liste déjà existante, car les effets indésirables auxquels ils exposent sont soit disproportionnés par rapport à leur faible efficacité soit parce que d’autres options moins dangereuses existent.

Il s’agit du :

Propecia (finastéride 1 mg) : prescrit dans l'alopécie androgén***e chez les hommes.
Nootropyl (piracetam) : un "vasodilatateur" autorisé dans diverses situations cliniques dont les vertiges et les déficits cognitifs.
Spravato (eskétamine) : prescrit dans les dépressions dites résistantes.
Elidel (pimécrolimus) : prescrit dans l'eczéma atopique.
Evenity (romosozumab) : prescrit dans l'ostéoporose postménopausique sévère.
Mobic (méloxicam) : un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) du groupe des oxicams comme le piroxicam (Feldène°ou autre) et le ténoxicam (Tilcotil), qui avait été oublié dans la liste précédente.

Quels médicaments avaient été écartés en 2020 ?

Maxilase (alpha-amylase) : prescrit dans les maux de gorge
Tanakan (Ginkgo biloba) : prescrit dans les troubles cognitifs chez les patients âgés.
Praxilène (Le naftidrofuryl) : prescrit dans la claudication intermittente.
Elmiron (pentosane polysulfate oral) : prescrit dans le syndrome de la vessie douloureuse.
Vicks sirop pectoral 0,15 %° et Clarix toux sèche 0,15% (pentoxyvérine) : prescrit dans la toux.
Tilcotil (ténoxicam) : un anti-inflammatoire non stéroïdien.

Quels médicaments avaient été écartés en 2019 ?

Décontractyl et Décontractyl baume (méphénésine) : un médicament contre les contractures musculaires.
Toplexil (oxomémazine) : un sirop pour la toux.
Rectogesic en application locale (rinitrate de glycéryle) : une pommade rectale.
Ocaliva (acide obéticholique) : pour le traitement de la cholangite biliaire primitive.
Cimétidine: un antihistaminique qui "expose à nettement plus d’interactions médicamenteuses que d’autres antihistaminiques".

Cette année là, Esmya (ulipristal), un médicament pour le fibrome utérin déjà sous la surveillance de l’Agence européenne du médicament, avait été retiré de la liste. Depuis mars 2020, son AMM est suspendu en raison des risques hépatiques graves.

Le nifuroxazide (Panfurex ou autre), un « anti-infectieux » intestinal qui expose à des effets immunoallergiques et hématologiques rares mais graves, a également été retiré de la liste car il n’est plus commercialisé.

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