“La ferme! Vous êtes des salauds”: Bolsonaro perd son calme au sujet du masque

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Le président brésilien Jair Bolsonaro est sorti de ses gonds lors d’un point presse lundi, demandant à une journaliste de “la fermer” et qualifiant de “m***e” le groupe Globo, plus grand conglomérat de médias du pays.
“La ferme! Vous êtes des salauds. Vous faites un journalisme pourri, qui ne sert à rien. Vous détruisez la famille brésilienne, la religion brésilienne”, a-t-il crié, hors de lui, à une journaliste de TV Globo qui lui posait une question sur le port du masque, à l’issue d’une cérémonie militaire à Guaratingueta, dans l’Etat de Sao Paulo (Sud-Est).
La journaliste lui rappelait notamment qu’il s’était vu infliger des amendes dans plusieurs États brésiliens pour avoir pris part à des rassemblements sans masque de protection.

“De la presse de m***e”

“Je vais où je veux comme je veux, d’accord? Si vous ne voulez pas porter de masque n’en portez pas”, a-t-il poursuivi, avant de retirer le sien soudainement.
“Voilà, vous pouvez mettre ça dans votre journal télévisé: je ne porte pas de masque à Guaratingueta! Tu es contente, maintenant?”, a crié le dirigeant d’extrême droite, qui n’a cessé de s’en prendre aux médias, notamment au groupe Globo, depuis le début de son mandat, en janvier 2019.
“Globo, c’est de la presse de m***e (…) Ceux qui regardent (cette chaîne) sont victimes de désinformation. Vous devriez avoir honte”, a-t-il poursuivi.
“Ce n’est pas avec des cris ou de l’intolérance que le président va empêcher ou limiter le travail de la presse”, a réagi le groupe Globo dans un communiqué.


“A coups de poing”

Le président brésilien a aussi critiqué la chaîne CNN Brasil qui aurait selon lui “fait l’éloge” des manifestations anti-Bolsonaro qui ont rassemblé des milliers de personnes dans toutes les grandes villes brésiliennes samedi.
Ce n’est pas la première fois que Jair Bolsonaro intimide des journalistes. “J’ai envie de te fermer la gueule à coups de poing”, avait-il répondu en août 2020 à un reporter du quotidien O Globo qui l’interrogeait sur des rumeurs de versements suspects sur le compte de son épouse Michelle.
En janvier 2020, il avait affirmé que les journalistes étaient “une espèce en voie de disparition”.