La Banque mondiale veut-elle tuer la filière arachide ?

Si cela ne tenait qu’à la Banque mondiale, le Sénégal devrait plus s’orienter vers l’exportation brute de son arachide en lieu et place de la transformation sur place. Après la déstructuration sous son diktat de notre chaîne de valeur, avec la dissolution de la Sonagraines en 2002 et la privatisation ratée de la Sonacos, des experts de l’institution de Bretton Woods cherchent à porter le coup de grâce à nos industries de transformation.

Selon Le Témoin, les huiliers locaux -à savoir Sonacos, Oleosen, West african Oils, Complexe agro-industriel de Touba, Copeol (ex-novasen, coentreprise française entre avril et Castel)ne devraient plus exister si les autorités venaient à suivre les experts de la Banque mondiale. Lesquels préconisent fortement, à travers un récent rapport intitulé « Sénégal : De meilleurs marchés pour tous grâce à la politique de la concurrence », l’exportation de notre arachide.

Pourtant, cette activité de transformation a le mérite de justifier l’existence d’excellentes industries de locales, notamment les principaux producteurs d’huile d’arachide raffinée au Sénégal. Mais, il reste que cette position des experts de la Banque mondiale s’explique grandement par le fait que les huiliers sénégalais se retrouvent, souvent, avec d’importants stocks de produits qui ne sont pas écoulés et qui dorment dans les entrepôts.