« Jules Bocandé, mon tuteur en France » (Abdoulaye Traoré Ben Badi)

L’ancien attaquant des Eléphants de Côte d’Ivoire, Abdoulaye Traoré dit Ben Badi, a indiqué à l’APS que l’Egypte et plus précisément sa capitale, Le Caire, lui rappelle à la fois des « bons et douloureux souvenirs ». « De très bons souvenirs parce que nous avions réalisé une belle performance avec la 3-ème place à la CAN 1986 », s’est souvenu l’ancien attaquant des Eléphants, buteur contre les Lions du Sénégal lors du 3-ème match du groupe A.

Il y a aussi qu’en évoquant cette compétition, « je pense à mon grand frère et ami, feu Jules Bocandé qui m’avait accueilli et chouchouté à mon arrivée à Metz, en France », a indiqué Ben Badi, trouvé au Al Salam stadium du Caire. Ben Badi se dit convaincu que le Sénégal aurait pu remporter facilement cette Coupe d’Afrique des nations de 1986 tellement « son groupe de performance était de grande qualité et équilibré ».

« Il avait manqué certainement de la chance et peut-être de l’expérience, mais du talent, il y en avait partout sur toutes les lignes », a-t-il dit au sujet de cette génération portée par feu Jules Bocandé, devenu quelques mois plus tard après la CAN, meilleur buteur en France. « Lui, en plus d’être un grand footballeur, c’était un Monsieur qui sait [être] à la disposition de son prochain », a-t-il rappelé, soulignant que le « grand frère » l’avait « hébergé et chouchouté ».

« Ce n’est pas comme maintenant où il y a plein d’Africains en France. A cette époque, il s’est mis à ma disposition en devenant mon tuteur et en m’aidant à m’intégrer », a dit Ben Badi. En plus de Jules Bocandé, cette équipe du Sénégal que la Côte d’Ivoire avait battue (0-1) et éliminée, « comptait sur des joueurs exceptionnels, Sarr (Boubacar), Youm (Thierno), Sène (Oumar Guèye), sans compter Mendy (Roger) », a décompté Traoré.

« C’était la meilleure de toutes les générations du Sénégal », a-t-il estimé, soulignant que la Côte d’Ivoire et l’Egypte avaient aussi de très grands joueurs. « A l’époque, il fallait être bon et être prêt sur le plan mental pour se qualifier à une phase finale de CAN », a indiqué Ben Badi, estimant que le niveau était largement plus élevé que les actuelles éditions des coupes d’Afrique des nations.

« Ces jeunes sont arrivés et on peut dire qu’ils ont beaucoup de chance », a poursuivi l’ancien attaquant ivoirien, qui présente cette 32-ème édition comme une compétition très ouverte. Beaucoup d’équipes sont prétendantes au titre, a-t-il analysé, soulignant qu’on peut s’attendre à tout avec la qualité des pelouses. Après avoir joué dans son pays au Stella et ensuite à l’ASEC d’Abidjan, Abdoulaye Traoré a été transféré au FC Metz où il a joué entre 1985 et 1987. Il n’a pas connu un grand succès chez les Grenats qu’il a quittés pour le championnat portugais. SD/ASG/BK